Calendrier de l'avent du domaine public (Édition Québécoise) https://aventdudomainepublic.ca Les œuvres entrant dans le domaine public au Canada Fri, 16 Feb 2018 05:58:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.5 Alice B. Toklas https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/31/alice-b-toklas/ Sun, 31 Dec 2017 05:01:14 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1047 L’œuvre d’Alice B. Toklas, incluant sa fameuse recette de brownies au pot, entre dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018

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Discipline: littérature

Alice B. Toklas (photo: Carl Van Vechten, 1949)Née aux États-Unis en 1877 et décédée à Paris en 1967, Alice B. Toklas était écrivaine. Elle a été la conjointe de Gertrude Stein[1], une écrivaine et poétesse d’origine américaine installée à Paris. Ensemble elles ont fréquenté de grands artistes et certainement quelques soirées folles. Dans son ouvrage de 1954, Alice publie la recette d’un ami[2] qui donnera lieu à toutes ces histoires de brownies au pot.

La voici:

Recipes from Friends
BRYON GYSEN
HASCHICH FUDGE
(which anyone could whip up on a rainy day)

 
This is the food of Paradise of Baudelaire’s Artificial Paradises: it might provide an entertaining refreshment for a Ladies’ Bridge Club or a chapter meeting of the DAR. In Morocco it is thought to be good for warding off the common cold in damp winter weather and is, indeed, more effective if taken with large quantities of hot mint tea. Euphoria and brilliant storms of laughter; ecstatic reveries and extensions of one’s personality on several simultaneous planes are to be complacently expected. Almost anything Saint Theresa did, you can do better if you can bear to be ravished by «un évanouissement réveillé».
 

  • Take 1 teaspoon black peppercorns
  • 1 whole nutmeg
  • 4 average sticks of cinnamon
  • 1 teaspoon coriander

These should all be pulverised in a mortar.
 
About a handful each of stoned dates, dried figs, shelled almonds and peanuts: chop these and mix them together. A bunch of canibus sativa can be pulverised. This along with the spices should be dusted over the mixed fruit and nuts, kneaded together. About a cup of sugar dissolved in a big pat of butter. Rolled into a cake and cut into pieces or made into balls about the size of a walnut, it should be eaten with care.
 
Two pieces are quite sufficient.
 
Obtaining the canibus may present certain difficulties, but the variety known as canibus sativa grows as a common weed, often unrecognised, everywhere in Europe, Asia and parts of Africa; besides being cultivated as a crop for the manufacture of rope. In the Americas, while often discouraged, its cousin, called canibus indica, has been observed even in city window boxes. It should be picked and dried as soon as it has gone to seed and while the plant is still green.

La vidéo-biographie de Lëa K. Châteauneuf[3]

Domaine public

L’œuvre d’Alice B. Toklas entre dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018[4].

  • The Alice B. Toklas Cookbook, 1954
  • Aromas and Flavors of Past and Present, 1958
  • What Is Remembered, 1963
  • Staying on alone: letters, 1973

Références

Photo: Alice B. Toklas photographiée en 1949 par Carl van Vechten

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Par sa collection personnelle et par ses livres, Gertrude Stein (1874-1946) contribua à la diffusion du cubisme et plus particulièrement de l’œuvre de Picasso, de Matisse et de Cézanne. (Wikipedia)
  2. ⬆ Bryon Gysen est la déformation volontaire du nom de Brion Gysin, artiste et écrivain britano-canadien et inventeur de la fameuse Dreamachine (voir à ce sujet le documentaire de Nic Seehan)
  3. ⬆ Allusion au titre du livre de Gertrude Stein, The Autobiography of Alice B. Toklas (voir Wikipedia EN)
  4. ⬆ Pour le cannabis, il faudra attendre le 1er juillet 2018. (voir Radio-Canada)

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Vefa de Saint-Pierre https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/30/vefa-st-pierre/ Sat, 30 Dec 2017 06:00:32 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1045 Tous les écrits (difficile à trouver) de cette comtesse bretonne entreront dans le domaine public canadien en 2018.

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Discipline: écriture, chasse, aventures, culture bretonne

Impossible de ne pas faire de liens entre cette comtesse passionnée par sa culture et la langue bretonne — auxquelles elle donna une scène extraordinaire — et le Québec, fier et riche de la langue française et fort d’une culture singulière.

Vefa de Saint-PierreVefa de Saint-Pierre, née Geneviève de Méhérenc de Saint-Pierre en Bretagne en mai 1872, mériterait sans rougir de figurer dans un volumes des Culottés de Pénélope Bagieu.

Cet incroyable personnage issu de l’aristocratie bretonne aurait très bien pu avoir la vie que lui destinait son milieu de naissance, mais il n’en fut rien. Plutôt que de se marier et ainsi perdre une indépendance très tôt manifestée et cultivée — elle reçoit pour son dixième anniversaire son premier fusil de chasse et rêve de s’embarquer comme mousse sur un cargo! — Vefa choisit la seule autre voie possible pour une femme de son époque: la religion. Elle rejoint ainsi les Oblats de Saint François de Sales. Elle y reste pendant 15 ans, le temps de confirmer son goût pour les voyages et l’aventure, avec une mission en Équateur en 1899.

En 1905, elle quitte la congrégation sans jamais avoir prononcé ses vœux définitifs. Ainsi, après avoir renoncé au mariage puis aux ordres, Vefa s’affiche clairement anticonformiste pour son époque et son milieu, où elle fait scandale.

Pour échapper à tout cela, et aussi sans doute car l’aventure la démange, elle quitte la Bretagne pour l’Amérique du Nord — États-Unis et Canada — où, fine gâchette, elle peut pleinement exprimer sa passion de la chasse et commencer à nourrir la légende qui se formera autour de sa personne — elle aurait tué un sanglier à la dague, un orignal qui la chargeait et des grizzlys, entre autres. Ce voyage l’amène à la rencontre des Bretons venus s’installer au Canada. Vefa fait également un tour du monde qui l’amènera jusqu’en Australie.

En 1910, elle épouse Joseph-Marie Potiron de Boisfleury — un mariage accidentel qui ne durera que trois mois.

Depuis quelques années, Vefa de Saint-Pierre développe son autre passion: la Bretagne. Elle a acquit en 1908 le manoir de Menez Kamm. Ce bâtiment, érigé dans la région bretonne des Montagnes noires, est en piteux état. Vefa de Saint-Pierre le voit comme un haut lieu de la culture bretonne, celte, mais aussi de toutes les minorités culturelles. Le manoir est restauré au fil des ans, de façon bénévole.

Pendant ce temps, Vefa a appris le breton. Elle finance officiellement et plus secrètement écoles et mouvements pour que la langue bretonne soit enseignée et parlée. Elle rentre au gorsedd de Bretagne (la Fraternité des druides, bardes et ovates de Bretagne) comme bardesse sous le pseudonyme de Brug ar Menez Du, « la bruyère des Montagnes noires ».

Son manoir, Menez Kamm, Vefa de Saint-Pierre rêve d’en faire « un lieu de rencontre où toute la jeunesse du pays pourrait séjourner pour apprendre et parler les langues celtiques. Où l’on accueillerait des groupes venus de tous les pays du monde pour s’enrichir de leurs différences« . Et c’est ce qu’il devient, principalement après sa mort survenue en 1967.

Ce lieu, où la comtesse exigea que jamais le drapeau français ne flotte et où la Marseillaise ne devait y être chantée, se met à résonner de musique bretonne. La manoir accueille stages, concerts, veillées traditionnelles, un grand nombre de musiciens bretons (dont Alan Stivell), et même, comme a pu le croire la police française, des réunions du Front de libération de la Bretagne. Menez Kamm attire des gens du monde entier, en particulier du Québec. On y verra Coop Breizh prendre son envol. Cette entreprise, spécialisée dans l’édition, la production et la distribution de contenus culturels bretons existe toujours et est particulièrement dynamique.

Malheureusement, les difficultés financières obligeront Menez Kamm à fermer ses portes en 1976.

L’apport de Vefa de Saint-Pierre et de son manoir à la culture et la légende bretonne est indéniable. Sa personnalité insoumise et forte en fait un personnage idéal des légendes bretonnes.

Domaine public

Cette comtesse bretonne a écrit un roman (Les Émeraudes de l’Inca, en 1923), des articles et des poèmes qi’il est difficile de trouver. Tous ses écrits entreront dans le domaine public canadien en 2018.

Références

Illustration: Genevieve de St. Pierre at Arizona’s Grand Canyon, 1907 (via Geneviève Saint-Pierre Papers, 1904-1962).

Notes et liens complémentaires

  1. Vefa de Saint-Pierre, la dame de Menez Kamm. Histoires de Bretagne, un blog d’Erwan Chartier-Le Floch.
  2. Une Amazone bretonne – Vefa de Saint–Pierre, Claire Arlaux Coop Breizh, 2000.
  3. Véfa de Saint-Pierre comtesse rebelle, Le Télégramme, 09 mai 2000.
  4. Menez Kamm à Spézet, un foyer culturel bretonHistoires de Bretagne, un blog d’Erwan Chartier-Le Floch.
  5. Où lire des écrits et notes de Geneviève de Saint-Pierre en voyageant aux États-Unis: Geneviève Saint-Pierre Papers, 1904-1962.

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Albertine Sarrazin https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/29/albertine-sarrazin/ Fri, 29 Dec 2017 06:00:46 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1043 L’œuvre de l'écrivaine française Albertine Sarrazin tombera dans le domaine public canadien le 1er décembre 2018.

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Discipline: littérature

Albertine Sarrazin (photo: Lucien Clergue)La parution de L’Astragale en 1965 aux Éditions Pauvert a surpris et étonné le public lecteur de l’époque. Une jeune femme y décrit sa vie dans le milieu carcéral, son aventure après une évasion au cours de laquelle elle se brise l’os du pied (d’où le nom du roman) et sa relation complice et amoureuse avec Julien, plus âgé qu’elle mais délinquant, qui l’a recueillie et faite soigner — relation faite de compréhension et d’attachement indéfectible.

Grâce à son style simple, clair, précis, émouvant et naturellement vrai, en aucun moment ressent-on de l’agressivité ou un esprit revendicatif envers la société conventionnelle qui la rejetait.

Albertine, enfant abandonnée à sa naissance, adoptée à 18 mois ans par un couple aisé, rigide dans ses convictions et règles de vie, sera une rebelle asociale mais désirant être comprise, acceptée et aimée. La psychiatre qui la suivit en prévention l’a aidée moralement et c’est par ses soins que les écrits d’Albertine ont pu être publiés. L’Astragale lui a d’ailleurs été dédié. Cette œuvre qui tient à la fois du roman autobiographique, du documentaire et du fait social a été, rapidement et mondialement, reconnu dès sa publication.

Albertine a continué à écrire à travers ses joies et ses épreuves avec une merveilleuse foi en la vie. Son décès prématuré à l’âge de 30 ans des suites d’une opération rénale entachée de négligences aboutira à un procès, grâce à la persévérance de Julien, qui ouvrit la voie à l’amélioration du contrôle d’anesthésie et à la création d’une salle de réveil avec surveillance médicale. Autant d’avancées médicales notables qui paraissent évidentes aujourd’hui.

Mon passé me plaît, je n’en changerais pour rien au monde; regretter est se renier… et je le porte, mentalement, la tête si haute que j’en ai parfois des crampes.

Cette citation est extraite du film documentaire Albertine Sarrazin, le roman d’une vie consulté le 19 décembre 2017:

Domaine public

L’œuvre d’Albertine Sarrazin entre dans le domaine public au Canada le 1er janvier 2018.

L’ensemble de ces livres a été tiré à plus de 3 millions d’exemplaires.

Disponibilité en bibliothèque

  • Bibliothèque et Archives nationales du Québec : Albertine Sarrazin (1937-1967). (Iris)
    Aujourd’hui une bonne partie des œuvres disponibles au catalogue de la Grande Bibliothèque sont en réserve et doivent donc faire l’objet de demandes pour être empruntées. Une sortie de ce purgatoire pour un an, en l’honneur de l’élévation de l’œuvre au domaine public, serait une bonne façon de la célébrer, surtout lorsqu’on sait que l’auteure a passé une bonne partie de sa courte vie derrière les barreaux.

Références

Illustration : Albertine Sarrazin. Photo attribuée à Lucien Clergue (1934-2014) sur Babelio.

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Georges Sadoul https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/28/georges-sadoul/ Thu, 28 Dec 2017 06:00:39 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=2034 Les écrits de Georges Sadoul, journaliste et historien du cinéma, entreront dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

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Discipline: journalisme, histoire, cinéma

Georges Sadoul [Domaine public]Georges Sadoul est né le 4 février 1904 à Nancy (France) dans une famille bourgeoise et cultivée. Son père, Charles Sadoul, fréquente les milieux intellectuels et est conservateur du Musée historique de la région Lorraine.

À l’approche de sa vingtaine, Georges Sadoul s’engage dans des études de droits à la faculté de Nancy, tout en faisant déjà preuve d’un fervent intérêt pour la littérature et le septième art. Il fréquente assidûment les salles de cinéma de sa ville et suit la revue Cinéa, première publication française d’esthétique cinématographique fondée par Louis Delluc en 1921. Ce réalisateur et critique de cinéma sera par la suite une référence importante pour Sadoul.

Le Comité Paris-Nancy

Rapidement, se liant d’amitié avec André Thirion et partageant avec lui une affection pour les arts — notamment la littérature et la peinture—, Sadoul et lui vont chercher à dynamiser le milieu culturel nancéen qu’ils trouvent trop enclavé et mal informé en comparaison de la région parisienne. C’est ainsi qu’en 1923, Sadoul fait introduire quelques peintres modernes au sein du salon artistique organisé annuellement par le Comité des Amis des Arts, dans lequel siège son père.

Si cette initiative n’est pas du goût de tous, elle va précisément renforcer la conviction de Sadoul de la nécessité d’ouvrir sa ville natale à la modernité artistique. À cette époque, il est critique d’art pour Le Pays Lorrain, collabore au quotidien L’Est Républicain, et se rend régulièrement à Paris. Il décide alors de créer le Comité Paris-Nancy en septembre 1923, alors qu’il a 19 ans, dans l’optique de faire connaître au public de Nancy les artistes parisiens et leurs œuvres. Composé entre autre de Sadoul, Victor Guillaume, Maurice Boissais, et André Thirion, le comité convainc la Nouvelle Revue Française de réaliser avec eux quatre conférences dans l’année, si possible parmi celles données au Collège de France afin d’assurer une certaine exigence intellectuelle.

Durant les trois années de son existence, le comité invitera ainsi 18 conférenciers de prestige, parmi lesquels Jean Epstein, Jean Lurçat, André Lhote, Charles Dullin, Henry Prunières, Jacques Rivière, Benjamin Crémieux, André Salmon, Jacques Copeau, Pierre Drieu La Rochelle, Amédée Ozenfant… Au total, 10 concerts, trois expositions d’Art moderne et une exposition de dessins et d’œuvres gravées de Claude le Lorrain seront également organisés[1].

La rencontre avec les surréalistes

C’est via cette expérience qu’en 1926, alors qu’il effectue son service militaire à Paris, Sadoul entre en contact avec Louis Aragon dans l’optique de mettre sur pied une grande exposition d’art moderne pour le comité Paris-Nancy. Aragon lui propose d‘ajouter à son exposition des œuvres de Jean Arp, Max Ernst, Georgio De Chirico, André Masson et Joan Miró, et l’introduit auprès des surréalistes. Cette rencontre sera déterminante dans la vie de Sadoul.

Comme il s’y attendait, l’introduction d’artistes surréalistes dans son exposition de 1926 fait scandale, d’autant plus qu’à cette époque il s’agit seulement de la seconde exposition surréaliste au monde ! Cet événement entraîne le comité vers sa fin, mais renforce les convictions de Sadoul. S’installant à Paris, il fréquente et suit alors le développement esthétique et politique du groupe surréaliste jusqu’à la rupture entre Breton et Aragon, en 1932.

Le journalisme d’extrême gauche et la presse illustrée pour la jeunesse

Embrassant la démarche d’Aragon et Pierre Unik, Sadoul adhère au parti communiste en 1927, commence à écrire dans la presse d’extrême gauche et s’engage en 1932 dans l’Association des écrivains et des artistes révolutionnaires (AEAR). Il est journaliste à Regards, où il y publie notamment un reportage sur son voyage en Espagne en 1934 avec le photographe Henri Cartier-Bresson, son beau-frère et ami. Au milieu des années 1930, il débute dans la critique cinématographique, souhaitant donner une autre vision que celles des critiques de droite Maurice Bardèche et Robert Brasillach, qui accaparent largement l’auditoire. Il devient en charge de la rubrique cinématographique de la revue Regards dès 1936, tout en continuant à réagir à l’actualité cinématographique dans d’autres revues telles que Commune, Confluences, Liberté ou encore les Cahiers du cinéma. Il est en parallèle responsable de La revue des revues et assiste Léon Moussinac dans l’élaboration de la page culturelle de L’Humanité.

Mon Camarade, Journal pour enfants, n°2En 1933, ce dernier le nomme rédacteur en chef de la nouvelle revue illustrée Mon Camarade, une revue communiste dédiée à la jeunesse. Jusqu’en 1939, à l’aune de la seconde guerre mondiale, Georges Sadoul s’adjoindra de dessinateurs et d’écrivains pour y développer une école française de la bande dessinée et deviendra par le fait même le spécialiste de la presse illustrée pour la jeunesse de cette période. Le journal atteint les 10 000 lecteurs en 1934 et sa reconnaissance s’étend de plus en plus au-delà du seul Parti communiste. Sadoul, en effet, fait preuve d’une exigence culturelle tant dans ses éditoriaux que dans les histoires dessinées qu’il choisit pour la revue et ses adaptations de plusieurs chefs d’œuvres de la littérature en images, dessinées par Jean Trubert (À titre d’exemple, Le Rayon de la mort, de Tolstoï). Développant une véritable politique culturelle pour la jeunesse, il s’agit plus pour lui de démocratiser la culture que d’endoctriner les jeunes. Le message éducatif est primordial, et le discours diffusé se veut humaniste : selon les mots de Sadoul, Mon Camarade est en effet « au service de toutes les organisations qui veulent faire des enfants, non des matraqueurs fascistes ou de la chair à canon, mais des travailleurs libres et fiers, des hommes dans le sens le plus beau de ce mot ».

Plus globalement, cette expérience est aussi l’occasion pour Sadoul d’élaborer une réflexion sur la culture pour l’enfance. Il rédige plusieurs articles sur la jeunesse et rassemble ces textes en 1938 dans une brochure qui fera référence, intitulée Ce que lisent vos enfants. Ces écrits rendent compte à la fois de l’histoire de la presse illustrée pour la jeunesse mais aussi des intérêts économiques qui la régissent.

Journal de guerreLa résistance durant la guerre

La seconde guerre mondiale va cependant l’orienter vers de nouvelles voies. Mobilisé le 2 septembre 1939, il raconte dans Journal de guerre son expérience de la Drôle de guerre, jusqu’à être démobilisé en juillet 1940. Il rejoint alors immédiatement Louis Aragon dans la Résistance et s’implique dans les revues clandestines qui émergent avec la censure, en écrivant notamment pour deux journaux fondamentaux de la France résistante : Les lettres françaises, qui se développe dans la zone nord de la France, et Étoiles, hebdomadaire fondé et dirigé par Aragon et un groupe d’écrivains dont fait partie Sadoul lui-même, pour la zone sud non occupée. Sadoul est également responsable du Front national des intellectuels pour la zone sud, de 1941 à 1944.

L’enseignement, l’histoire et la préservation du cinéma

Après la libération, Georges Sadoul se consacre plus spécifiquement à son intérêt premier, le septième art, à travers principalement l’enseignement et l’écriture. En 1944, il devient titulaire de la chaire d’histoire du cinéma à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC), avec lequel il collaborera 22 ans en tant que responsable de l’enseignement de l’histoire du cinéma.

En 1945, il est secrétaire général de la Fédération française des ciné-clubs, qui a pour but de favoriser la diffusion de films issus des cinémathèques. En 1946, il est membre du conseil d’Administration de l’Association française de la critique de cinéma, devient secrétaire général adjoint de la Cinémathèque française avec Henri Langlois, et participe aux activités de la Commission de recherches historiques.

En plus de s’impliquer auprès de l’IDHEC, il entre comme enseignant à l’Institut de filmologie de la Sorbonne dès sa fondation, en 1948, et y restera 13 années, jusqu’en 1961. L’institut approche le cinéma sous des angles historiques ou sociologiques plutôt que psychologiques ou philosophiques. En étudiant les pionniers du cinéma, Sadoul s’intéresse d’abord à la syntaxe et à l’évolution historique du langage cinématographique. Il collabore entre autre avec Mario Roques, Étienne Souriau, Joseph Vendryes, puis Georges Friedmann et Edgar Morin. Au début des années 50, il prend en compte les autres disciplines artistiques dans ses analyses, et s’intéresse aux écrits théoriques liés aux avant-gardes, pour finalement à la fin des années 50 élaborer ce qu’il appelle une « géographie humaine » du cinéma.

Histoire générale du cinéma (couverture)Enfin, on ne saurait parler de Georges Sadoul sans aborder son Histoire générale du cinéma, œuvre d’envergure qu’il a mûrie et gardée en perspective depuis les années 30. Le premier volume paraît en 1946 et le dernier en 1954, mais l’œuvre reste inachevée. Cette histoire du cinéma mondial est le fruit d’un long travail de pionnier, qui pose les bases d’une discipline en légitimant artistiquement et scientifiquement le cinéma: comme le dira Henri Langlois, avant cela « il n’existait rien, tout ce qui s’écrit aujourd’hui, tout ce qui se lit, n’est possible que parce qu’il s’est attaqué à cette immense terre vierge ignorata qu’était le passé du cinéma» [2].

Dans sa démarche historiographique, Sadoul fait face à la difficulté d’accéder aux films – très peu visibles à l’époque en dehors de leur sortie en salle – et aux archives papiers. Ses réflexions évolueront d’ailleurs au fur et à mesure que ces sources deviendront consultables, des inventaires étant réalisés progressivement, et les lieux de diffusion des films se multipliant. Pour son histoire du cinéma, il développe alors des méthodes rigoureuses pour analyser les films en tenant compte d’éléments tels que leur état ou leur mutilation possible. Cette expérience le sensibilisera et l’amènera à contribuer à la préservation et à la diffusion du patrimoine cinématographique, à travers ses publications et ses activités liées aux cinémathèques et aux ciné-clubs. Ainsi, il défend l’idée du dépôt légal des films, sans lequel les copies préservées sont dans des états inégaux, rendant difficile l’analyse des œuvres cinématographiques. En 1957, il est secrétaire général du Bureau international de recherches historiques cinématographiques (BIRHC) et participe au congrès organisé par la Fédération internationale des archives (FIAF). Il y fait part de ses observations:

Le film, qui est la source essentielle de tous travaux pour les historiens de cinéma, peut être soumis à de très graves altérations ou mutilations modifiant son récit, son montage, son rythme, etc. […] Le BIRHC recommande à la FIAF, lorsqu’elle met en circulation ses films, de spécifier dans ses fiches s’il s’agit: 1° d’une copie d’époque ; 2° d’un contretype d’après copie d’époque ; 3° d’un tirage d’après négatif suivant montage original ; 4° d’un tirage d’après négatif avec montage reconstitué. Il faudrait donner aussi des indications sur la date du tirage mis en circulation, la longueur du film original, la longueur de la copie, etc. Il serait bien entendu souhaitable que soient données d’autres indications sur les mutilations possibles d’une copie (coupure de censure, corrections de l’auteur, re- montage par le distributeur, destruction de certaines parties par l’usure, etc.) […] Ces éléments sont indispensables pour une critique des documents sur celluloïd aussi rigoureusement scientifique que celle des documents ou inscriptions sur papier, parchemin, pierre, etc.. [3]

Cinémathèque

Georges Sadoul utilisera également les sources papier et les périodiques contemporains des œuvres pour documenter la réalisation des films ou des inventions. C’est par contre plus tard qu’il prendra en compte l’importance des analyses parues ultérieurement aux films, puis des sources iconographiques (affiches, photographies, programmes, etc) et enfin des sources orales telles que les entrevues avec des cinéastes. Comme pour les films, il appliquera à ces sources une méthodologie critique rigoureuse avant leur utilisation pour la recherche.

Devenue une véritable référence à son époque, traduite dans des dizaines de langues, cette œuvre de Sadoul fût cependant remise en cause dès les années 60. On lui reprocha en particulier des inexactitudes et un manque d’objectivité dû à son appartenance au marxisme, qui lui a fait privilégier le cinéma soviétique et les petites productions françaises au dépens de l’industrie du cinéma Hollywoodienne.

Dans les années 1950 et 1960, toujours en parallèle de ses activités d’historien et d’enseignant du cinéma, Georges Sadoul participe à de nombreux comités, tels que la Commission de contrôle des films du Centre national de la cinématographie. Il crée en 1962 avec Louis Marcorelles la Semaine internationale de la critique du festival de Cannes, travaille étroitement avec les cinémathèques et les écoles de cinéma, et continue toujours à être critique de cinéma pour diverses revues comme Les Lettres françaises, L’Écran français, L’Humanité, Europe, Les Cahiers du cinéma, Positif

Jusqu’à sa mort le 13 octobre 1967 à Paris, Georges Sadoul, resté communiste, fût une figure majeure de l’enseignement du cinéma et de la sauvegarde de son patrimoine. Le prix Georges Sadoul a été créé l’année suivante afin de distinguer deux premiers ou seconds longs-métrages français et étranger.

Le fonds d’archives de Georges Sadoul est conservé à la Cinémathèque française et comprend plus de 850 dossiers datés de 1881 à 1990. Leur description peut être consultée sur Ciné-Ressources.

Domaine public

Les écrits de Georges Sadoul entreront dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018. Il est l’auteur d’ouvrages sur l’histoire du cinéma, de quelques biographies, de dictionnaires de films et cinéastes, et d’articles de journaux, parmi lesquels:

Histoire générale du cinéma, Tomes 1 à 6, Paris, Denoël, 1946 – 1954
Le Cinéma, son art, sa technique, son économie, Paris, La Bibliothèque Française, 1948
• De l’autre côté des caméras, Paris, La Farandole, 1962
Vie de Charlot: Charlie Spencer Chaplin, ses films et son temps, Les Éditeurs français réunis, 1952
Louis Lumière, Paris, Seghers, coll. « Cinéma d’aujourd’hui », 1964
Georges Méliès, Seghers, coll. « Cinéma d’aujourd’hui », 1961
Dziga Vertov, Paris, Champ libre, 1971
Panorama du cinéma hongrois: 1896-1953, Paris, Les Éditeurs français réunis, 1952
Le Cinéma français 1890-1962, Paris, Flammarion, 1962
• Les Cinémas des pays arabes, Beyrouth, 1966
Dictionnaire des cinéastes, Paris, Le Seuil, 1965
Dictionnaire des films, Paris, Le Seuil, 1965
Journal de guerre, 2 septembre 1939-20 juillet 1940 , Paris, L’Harmattan, 1994
Aragon, Paris, Seghers, coll. « Poètes d’aujourd’hui », 1967
Ce que lisent vos enfants: la presse enfantine de France, son histoire, son évolution, son influence, Paris, Bureau d’éditions, 1938.

Références

  • Valérie Vignaux, « Georges Sadoul et l’Institut de filmologie: des sources pour instruire l’histoire du cinéma », Cinémas, 19 (2-3), 249–267, 2009, doi:10.7202/037555ar
  • Valérie Vignaux, « Georges Sadoul rédacteur en chef de Mon Camarade (1933-1939). Un magazine illustré pour une culture de jeunesse communiste ? », Strenæ [En ligne], 10, 2016, URL: http://journals.openedition.org/strenae/1498 ; DOI: 10.4000/strenae.1498
  • Pierre Durteste, « Faut-il oublier Georges Sadoul ? », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze [En ligne], 44, 2004, URL: http://1895.revues.org/299 ; DOI: 10.4000/1895.299
  • Christophe Chauville, « René Clair et Georges Sadoul: ‘des liens presque familiaux' », 1895, revue d’histoire du cinéma, n°25, 1998. René Clair. pp. 93-106 ; URL:
    http://www.persee.fr/doc/1895_0769-0959_1998_num_25_1_1352
  • François Albera, « 1945: trois ‘intrigues’ de Georges Sadoul », Cinémas, 21(2-3), 49–85, 2011, doi:10.7202/1005584ar
  • Jean-Marc Leveratto, « La Revue internationale de filmologie et la genèse de la sociologie du cinéma en France », Cinémas, Volume 19, Numéro 2–3, printemps, 2009, p. 183–215, URI: http://id.erudit.org/iderudit/037553ar
  • Georges Sadoul, Dictionnaire du cinéma, Larousse, 1995.
  • Émile Breton, « Georges Sadoul. Les prix uniques et l’hebdomadaire Regards« , L’Humanité, 9 Août 2012
  • Georges Sadoul, sur Wikipedia (fr).

Illustrations

Notes et lien complémentaires

  1. ⬆ Voir Faut-il oublier Georges Sadoul? Georges Sadoul, une jeunesse nancéienne, Pierre Durteste, 1895, revue d’histoire du cinéma, 2004 (PDF, 284 Ko. p. 11)
  2. ⬆ Propos extraits du catalogue de l’exposition consacrée à Georges Sadoul par la Cinémathèque française et la Bibliothèque du film en mars-juin 1993, (ibid).
  3. ⬆ Georges Sadoul, « Propositions pour le congrès du BIRHC », Cinémathèque française, GSD2, repris dans l’article de Valérie Vignaux, Georges Sadoul et l’Institut de filmologie: des sources pour instruire l’histoire du cinéma.

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Shūgorō Yamamoto https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/27/shugoro_yamamoto/ Wed, 27 Dec 2017 06:00:34 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1041 L'œuvre de l'écrivain japonais Shūgorō Yamamoto appartiendra au domaine public canadien dès le 1er janvier 2018. L'œuvre de l'écrivain japonais Shūgorō Yamamoto appartiendra au domaine public canadien dès le 1er janvier 2018.

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Discipline: littérature

Shūgorō Yamamoto (illustration: Jean-Pierre Marquis)Shugoro Yamamoto, premier nom de plume de Satomu Shimizu, est né le 22 juin 1903 à Hirosato (ville rebaptisée Otsuki en 1933), au Japon. Pour des raisons financières, il ne termine pas ses études secondaires et commence, dès 1917, à travailler dans un magasin de livres d’occasion, où le propriétaire, un Yamamoto, poursuit son éducation et lui lègue le nom sous lequel il publie à partir de 1926. Au fil de sa carrière, il emprunte plus d’une dizaine de pseudonymes différents.

Écrivant d’abord des livres pour enfant, il signe par la suite nombre de romans policiers et de fictions historiques au coeur desquels sont représentés paysans, femmes fortes et samouraïs. À travers son oeuvre, Yamamoto chante les « vertus populaires traditionnelles » et dénonce l’autorité. Lorsque lui est offert, en 1942, le prestigieux prix Naoki, il y renonce comme il renonce à une distinction entre « littérature pure » et « littérature populaire ».

Yamamoto, au fil des ans, devient « l’écrivain de prédilection du cinéaste » de Akira Kurosawa, inspirant à ce dernier non moins de trois films. L’écrivain dira de Barberousse(1965), réalisé deux ans avant sa mort, que le long-métrage est meilleur que le livre. Le roman Barberousse est généralement considéré comme sa création la plus achevée.

Voici un extrait de la traduction française de Barberousse dans lequel, le protagoniste principal, le médecin Kyojô, commente les politiques publiques de l’époque en matière de santé publique:

Le médecin peut reconnaître les symptômes, suivre l’évolution, et éventuellement aider un peu un organisme assez fort pour lutter, mais c’est tout. Voilà à quoi se limitent les capacités de la prétendue « science médicale ».

Kyojô agita une de ses robustes épaules, comme pour exprimer son autodérision face à cette triste constation.
— Ce que nous pouvons faire actuellement, ce que nous devons commencer par faire, c’est lutter contre la misère et l’ignorance. Seule la victoire sur la misère et l’ignorance peut pallier les insuffisances de la médecine, tu comprends?
— « C’est un problème politique, ça », songea Noboru. Comme s’il avait entendu Noboru énoncer tout haut sa pensée, Kyojô s’exclama avec véhémence:
— Tu peux toujours dire que c’est un problème politique, c’est la façon habituelle de se débarrasser de la question! Mais qu’est-ce que la politique a fait jusqu’à présent pour éradiquer la misère et l’ignorance, hein? Prends la misère, simplement: depuis le début du gouvernement d’Edo, il y a eu je ne sais combien de lois et d’ordonnances, mais peux-tu me citer un seul article interdisant de laisser les êtres humains vivre dans le dénuement?

(YAMAMOTO, Shūgorō. Barberousse, traduit par Corinne Atlan, Éditions du Rocher, 2009 (1964), pp. 42-43; cet extrait est partagé en invoquant l’exception pédagogique)

Le 14 février 1967, Shugoro Yamamoto meurt d’une pneumonie aigüe. Il est enterré au cimetière de Kamakura. Vingt ans plus tard, en 1987, un prix littéraire[1] est créé en son honneur.

 

DOMAINE PUBLIC

Toute l’œuvre de Shūgorō Yamamoto appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018. Voici la liste de ses œuvres principales, selon l’article de Wikipedia (FR):

  • Vie des grands femmes japonaises (日本婦道記, 1942–1945)
  • Les Sapins demeurent (樅ノ木は残った, 1954–1958)
  • Barberousse (赤ひげ診療譚, 1958)
  • Le conte de Blue Beka Boat (青べか物語, 1960)
  • Une Ville sans saisons (季節のない街, 1962)
  • Sabu (さぶ, 1963)

Références

Illustration: Shūgorō Yamamoto, par Jean-Pierre Marquis

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Le Prix Yamamoto Shugoro
  2. GIRARD, Martin et LARUE Johanne. « Vidéo », Séquences, numéro 143, 1989, 96 p.

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Justine Lacoste-Beaubien https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/26/justine-lacoste-beaubien/ Tue, 26 Dec 2017 05:00:18 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1009 Justine Lacoste-Beaubien, dont les écrits tombent dans le domaine public le 1er janvier 2018, est un modèle de détermination, de force et de courage.

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Discipline: philanthropie

Justine Lacoste-Beaubien (décembre 1902)Plusieurs d’entre vous connaissent l’Hôpital Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant du Canada, et un des quatre plus grands hôpitaux pédiatriques en Amérique, mais probablement ignorez-vous certains détails de sa fondation. À travers l’histoire de Justine Beaubien, née Lacoste, en voici quelques bribes.

Justine est née le 1er octobre 1877 à Montréal d’une famille bourgeoise. Le 25 octobre 1899[1], elle se marie avec Louis de Gaspé Beaubien, un financier prospère.

De 1907 jusqu’à mai 1966, soit quelques mois avant sa mort, Justine se dévouera corps et âme pour l’hôpital Saint-Justine, c’est pourquoi, parler de Justine, c’est comme parler de l’hôpital.

L’Hôpital Sainte-Justine

En 1907, Justine rencontre Irma Levasseur[2], la première femme médecin francophone au Québec, où le Collège des médecins avait été fondé en 1847. Elle a dû faire ses études aux États-Unis. Bien qu’elle les eût terminées en 1900, elle doit, pour devenir enfin médecin, être exceptionnellement acceptée par l’entremise d’un projet de loi privé promulgué en 1903.

Après avoir été présentées par Mme Alfred Thibaudeau, Justine et Irma fondent, la même année, le premier hôpital pour enfants du Québec. Elles formeront son premier conseil d’administration en compagnie de madame Lucie Bruneau, née Lamoureux, mademoiselle Euphrosine Rolland et madame Blanche Berthiaume, née Bourgoin[3].

Un autre projet de loi privé permettra aux femmes mariées du conseil d’administration de signer les documents administratifs et les chèques de l’hôpital en toute indépendance de leurs maris. C’était une chose exceptionnelle en ces temps-là, pour des femmes mariées.

C’est dans un édifice résidentiel de la rue Saint-Denis, le 26 novembre 1907, que sera situé le premier hôpital. Il déménagera par la suite à trois reprises avant d’être érigé sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, où il se trouve toujours aujourd’hui.

On ne trouve plus de traces d’Irma à l’hôpital Sainte-Justine après février 1908, mais en revanche, on sait qu’en 1915, Irma partira pratiquer quelques années la médecine de guerre en Serbie.

Justine n’ayant pas eu d’enfants elle-même, toute la richesse de son mari (décédé le 14 novembre 1939) et la sienne y passeront — et même son héritage. Elle n’hésitera pas d’ailleurs à vendre certains de ses biens personnels tout au long de sa vie pour le bénéfice de l’hôpital.

Des pionnières

Bref, l’histoire de Justine est aussi celle de femmes audacieuses et acharnées qui ont ouvert la voie à leurs consœurs dans une période de l’histoire du Québec, au faîte de la domination sociale de l’Église catholique, où les femmes mariées étaient souvent confinées au foyer.

Ces femmes — des féministes avant l’heure — ont su avoir la force de croire en leurs rêves et de les réaliser, ensembles. À maints égards, ce sont des modèles pour les filles et les femmes d’aujourd’hui, un exemple de détermination, de force et de courage.

Domaine public

L’œuvre majeure de Justine Lacoste-Beaubien qu’est l’Hôpital Sainte-Justine constitue en soi un précieux bien commun, et ce depuis plusieurs générations. La correspondance, les écrits et les allocations de Justine Lacoste-Beaubien, quant à eux, tomberont dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018. On les trouvera pour la plupart dans le Fond Famille Justine Lacoste-Beaubien conservé par BAnQ[4], qui contient de nombreux documents historiques relatifs à l’Hôpital Sainte-Justine et à sa co-fondatrice.

Références

Illustration: Justine Lacoste-Beaubien à 25 ans, soit trois années après son mariage et 4 ans avant la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine. Auteur: inconnu [Domaine public]. Source: Bilan du Siècle.

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Acte de mariage de Louis de Gaspé Beaubien et Justine Lacoste (registre de l’État civil). BAnQ.
  2. ⬆ Irma Levasseur était la première femme médecin canadienne-française (Wikipedia)
  3. ⬆ Voir Notre histoire: Justine Lacoste-Beaubien (CHU Sainte-Justine)
  4. ⬆ Centre d’archives BAnQ Vieux Montréal, 535, avenue Viger Est, Montréal

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Carson McMullers https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/25/carson-mcmullers/ Mon, 25 Dec 2017 05:00:31 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1021 L’œuvre de l'écrivaine américaine Carson McCullers entre dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

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Discipline: littérature

Carson McCullers, née Lula Carson Smith le 19 février 1917 à Columbus, dans l’État de la Géorgie, aux États-Unis, est morte à l’âge de 50 ans à Nyack dans l’État de New York.

Formation universitaire

Carson McCullers en 1959. Photo: Carl Van VechtenCarson McCullers a fait un court passage à l’école de musique new-yorkaise, Juilliard. Elle a dû décrocher de l’école en raison d’un rhumatisme articulaire aigu qui l’a également forcée a rentré en Géorgie. Lors de sa récupération, elle a décidé que la musique n’était plus le chemin de son avenir. Une fois rétablie, elle rentre à New York et suit des cours de soir à l’Université Columbia en création littéraire.

En 1936, elle publie sa première nouvelle, Wunderkind.

Genre littéraire

En plus d’être nouvelliste, Carson était également romancière. Son œuvre est étiquetée par un sous-genre de la littérature gothique qui s’appelle Southern Gothic[1]. Ce genre de littérature fantastique se situe géographiquement dans les États du sud des États-Unis d’Amérique.

Ses romans

Le premier roman de McCullers, Le cœur est un chasseur solitaire (1940), est celui qui l’a lancée sur la scène littéraire américaine. Son deuxième roman, Reflets dans un œil d’or (1941), était, selon le Time Magazine, « l’école du sud à son plus gothique, mais aussi à son meilleur« . Avec l’arrivée de L’Horloge sans aiguilles (1961), la célébrité de McCullers a considérablement diminué.

Dans les nouvelles récentes

Le Monde a récemment publié un article[2] soulignant les 100 ans depuis la naissance de Carson McCrullers, qui coïncide avec les 50 ans de sa mort, et qui parle des nouvelles rééditions de certaine de ses œuvres.

Domaine public

L’œuvre de Carson McCullers entre dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

L’éditeur français Stock a réédité récemment plusieurs œuvres de McCullers. Le coeur est un chasseur, Frankie Addams, La Ballade du café triste, L’Horloge sans aiguilles et Reflets dans un oeil d’or sont donc disponibles en librairie.

En bibliothèque

Références

Illustration: Portrait de Carson McCullers (1959). Photo: Carl Van Vechten [Public domain], via Wikimedia Commons.

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Southern Gothic (14 novembre 2017). Wikipédia (FR).
  2. ⬆ L’inaltérable vérité de Carson McCullers, Le Monde, 22 mai 2017. L’accès à la totalité de l’article est réservé aux abonnés, mais le service Eureka.cc de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) permet d’obtenir cet accès. L’abonnement à BAnQ, quant à lui, est gratuit.

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Paule Maurice https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/24/paule-maurice/ Sun, 24 Dec 2017 05:00:15 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1035 Paule Maurice est une saxophoniste et compositrice française dont l’œuvre entre au domaine public canadien le 1er janvier 2018.

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Discipline: musique

Paule Maurice par Anthony's, Paris, collection Bernard Lantier (adaptation).Après Ida Presti, une autre musicienne sort de l’ombre dans ce Calendrier de l’Avent du domaine public : Paule Maurice. La raison de ces oublis est-elle que ce sont des femmes? Une petite recherche rapide sur un téléphone cellulaire indique que Paule Maurice était une compositrice, épouse de Pierre Lantier. La mention matrimoniale disparaît dans la version non mobile de Wikipédia, mais il est quand même toujours surprenant de voir qu’une artiste a du mal à exister sans être « la femme de »…

Fait tout aussi surprenant, la notice anglaise de Wikipédia sur Paule Maurice est bien plus longue et détaillée que son homologue française. Peut-être est-ce grâce au travail d’un étudiant de la Florida Atlantic University, Anthony Jon Moore, qui rédigea en 2009 un mémoire de maîtrise intitulé Who is Paule Maurice? Her relative anonymity and its consequences[1].

Alors, qui est Paule Maurice? Comme elle l’écrit elle-même dans un bref curriculum vitae manuscrit[2], Paule Maurice est née à Paris en 1910 et a fait ses études au Conservatoire National Supérieur de Paris. Elle cite ses maîtres, indique qu’elle a formé de nombreux élèves, certains devenus depuis professeurs ou ayant remporté le Grand Prix de Rome. Avec son mari, elle a notamment écrit un Traité d’harmonie, cette « science des accords et de leurs enchaînements » [qui] « considère la musique sous son aspect vertical » (Marcel Bitsch dans son Précis d’harmonie tonale de 1954[3]). Elle présente son traité comme un « important ouvrage pédagogique qui est en usage dans un grand nombre d’écoles françaises et étrangères ».

Paule Maurice fut répétitrice et professeure de déchiffrage. Également compositrice, elle est surtout connue pour sa pièce Tableaux de Provence, suite pour saxophone et orchestre, un des peu nombreux morceaux classiques écrit pour le saxophone, cet instrument si parfaitement associé au jazz. Ces « Tableaux » ont été « composés au début de 1958, et dédiés au prestigieux saxophoniste Marcel Mule qui les a enregistrés [avec piano, en 1963] », selon Paule Maurice elle-même[4].

On en apprend un peu plus dans une lettre que la compositrice écrit en 1960 à Jean-Marie Londeix, l’un des premiers saxophonistes à jouer les Tableaux en concert. Paule Maurice y raconte qu’elle a commencé à composer cette œuvre douze ans plus tôt et qu’une remarque de Marcel Mule, jugeant le morceau trop facile, l’incita à la retravailler en y ajoutant d’autres parties! Parisienne, elle y décrit aussi son amour pour la Provence et, surtout, comment la perte d’un parent aimé teinte l’un des mouvements écrit en deux jours de chagrin[5].

Domaine public

Les compositions de Paule Maurice, décédée en 1967, entrent dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018. Ce n’est cependant pas le cas de son Traité d’harmonie, écrit avec son mari, qui disparut en 1998. Il faudra donc attendre 2048 pour que cet ouvrage entre à son tour dans le domaine public canadien.

Références

Illustration: D’après une photo de Paule Maurice par Anthony’s, Paris. Source: Collection Bernard Lantier (via Musica et Memoria > 1937 > Pierre LANTIER).

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Who is Paule Maurice? Her relative anonymity and its consequences. A Thesis Submitted to the Faculty of The Dorothy F. Schmidt College of Arts and Letters in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of Master of Arts.
  2. ⬆ Biographie de Paule Maurice (1960). Document manuscrit, Centre Européen de Saxophone.
  3. ⬆ Précis d’harmonie tonale, par Marcel Bitsch (1954). A. Leduc, Paris, ©1957. Exemplaires disponibles dans les Conservatoires de musique du Québec.
  4. ⬆ Note de programme de la compositrice: Tableaux de Provence. Document manuscrit, Centre Européen de Saxophone.
  5. ⬆ Paule Maurice à Jean-Marie Londeix – 29 novembre 1960 (ibid).

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Ida Presti https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/23/ida-presti/ Sat, 23 Dec 2017 06:00:58 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1039 Les compositions de Ida Presti, guitariste et compositrice, tomberont dans le domaine public le 1er janvier 2018.

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Discipline: musique

Ida Presti (photo: inconnu)Quand on cherche à la connaître, on découvre une contradiction. D’un côté, chaque personne qui évoque Ida Presti la cite comme l’une des plus grandes guitaristes du XXème siècle. De l’autre, peu de sources sont disponibles pour découvrir sa vie et son œuvre.

Une recherche dans le catalogue de Bibliothèque et archives nationales du Québec nous donne 11 résultats. Pour comparaison, Andrés Segovia, une des figures les plus importantes de la guitare classique moderne, en donne 80. Si l’on recherche sur le catalogue WorldCat, Ida Presti nous renvoie environs 400 résultats alors qu’Andrés Segovia plus de 6000!

Mais pourquoi comparer les deux me direz vous? Parce qu’Ida Presti est considérée comme une descendante musicale d’Andrés Segovia. Une guitariste du même calibre. Segovia aurait  d’ailleurs dit à son sujet: « Il n’y a rien que je puisse lui apprendre. » À talent équivalent, les artistes ne résistent pas tous à l’épreuve du temps.

Pourtant, à lire les passionnés qui continuent à faire vivre la mémoire d’Ida Presti, tous les guitaristes novices auraient quelque chose à apprendre de sa technique ou de son style. Candice Mowbray a d’ailleurs rédigé sa thèse en 2012 « Ida Presti as a Solo Performer and Composer of Works for Solo Guitar« , avec cet objectif: faire la promotion de l’héritage oublié de Presti.

Au travers de mes lectures, quelques points ont retenu mon attention.

Il semble que toutes les personnes qui ont rencontré Ida Presti ont été marquées par cette rencontre. Elle est décrite comme une personne charismatique, enthousiaste mais ce qui ressort surtout, c’est sa virtuosité. Elle semble faite pour son instrument. Le guitariste et compositeur John Duarte l’admire tellement qu’il dira en entretien qu’elle n’a jamais fait d’erreur, que sa compréhension de la musique est telle qu’il la considère comme une artiste magique. Rien de moins!

La guitariste américaine Alice Artzt lui rend hommage au travers de ses vidéos. Pour tout guitariste, les vidéos réalisées par cette ancienne étudiante d’Ida Presti sont particulièrement intéressantes. Elle analyse sa technique de main droite et révèle une position permettant une projection plus puissante du son de la guitare tout en permettant au guitariste de relâcher la tension de sa main droite.

Enfant prodige, Ida Presti commencera sa carrière très tôt, en 1935, à l’âge de 11 ans. Elle composera peu et sera surtout connue de son vivant par le duo qu’elle formera avec son mari, le guitariste Alexandre Lagoya.

Apprécions ici Étude fantasque, composée en 1966 et interprétée avec Alexandre Lagoya:

En accédant au domaine public le 1er janvier 2018, espérons que l’œuvre d’Ida Presti aura une nouvelle vie et souhaitons-lui toute la reconnaissance qu’elle mérite.

Références

Illustration: photo de Ida Presti (auteur inconnu)

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Dorothy Parker https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/22/dorothy-parker/ Fri, 22 Dec 2017 05:00:50 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1031 Les œuvres de Dorothy Parker, poétesse réputée pour le regard acéré qu’elle porte sur la société du XXe siècle, tomberont dans le domaine public le 1er janvier 2018.

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Discipline: littérature, poésie

Attention ! Cet article est un bien commun de la connaissance. Il a d’abord été créé sur Wikipédia puis remixé par cette auteure pour être publiée dans cette notule.

Young Dorothy ParkerDorothy Parker, née Dorothy Rothschild le 22 août 1893 à Long Branch, dans le New Jersey, et morte le 7 juin 1967 à New York, est une poétesse et scénariste américaine réputée pour son humour caustique, ses mots d’esprit et le regard acéré qu’elle porte sur la société urbaine du XXe siècle. Militante communiste et activiste anti-nazie, son engagement inébranlable pour les droits civiques a marqué les mémoires.

Celle qu’on surnomme Dottie ou « The Wit » pratique la critique littéraire et théâtrale dans Vanity Fair et The New Yorker. À la fin des années 20, elle publie dans la presse new-yorkaise des poèmes au ton désabusé. Réunis en recueil, ses textes connaissent un grand succès et de nombreuses rééditions. Elle devient l’âme d’un groupe littéraire new-yorkais, l’Algonquin Round Table. Sollicitée par Hollywood, elle écrit aussi des scénarios avec Hitchock, Otto Preminger, William Wyler.

On peut goûter son humour à travers cette réponse qu’elle sert à son employeur alors qu’elle était en vacances — avec son mari: « Tell him I am fucking busy – or vice versa« .

Elle meurt seule dans une chambre d’hôtel avec son chien et une bouteille d’alcool à l’âge de soixante-treize ans[1]. Sur sa tombe, on peut lire l’épitaphe qu’elle a choisie: « Excuse my dust. »

Domaine public

Toute l’œuvre de Dorothy Parker appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018. En voici quelques unes:

Essais et fictions

  • Parker, Dorothy (February 28, 1925). « A certain lady ». The New Yorker. 1 (2): 15–16.
  • Short stories
  • Thirteen Short Stories
  • 1922 – Men I’m Not Married To
  • 1930 – Laments for the Living
  • 1932 – After Such Pleasures
  • 1939 – Here Lies
  • 1942 – Collected Stories

Poésie

  • 1926 – Enough rope : poems
  • 1928 – Sunset Guns
  • 1931 – Death and Taxes
  • 1936 – Not So Deep as a Well
  • The Hate Verses

Deux poèmes pas si drôles[2] mais remixés

Chemins

I shall

another year.

Je vais
marcher encore

dans ces chemins

encore une autre année
avec
ma peine

sèche, fragile, comme une feuille
comme une feuille
fragile

encore debout encore
une année
les pas indécis
à reculons à tâtons
pensant
au passage
ici
ici-même
“Here she broke her heart;
Here she pled to die.”
Ici

j’entendrai l’appel
des bernaches,
et les oies rauques;
au bout de ces chemins,
une autre
chute

je marcherai
en
paix

mais le joli sentier
que j’ai foulé
main dans la main
avec
l’amour –

sous le pied, les pousses tendres
avec les jeunes branches
au-dessus
en sillonnant le ruban d’herbes
By the curling way —

I shall never dare
je n’oserai jamais y passer
pour mon dernier jour
pour mon jour dernier
To my dying day.

Les petites heures

No more
my little song
comes back;
No more
No more

j’ai oublié l’air

je ne la chante plus

la chanson
No more

toute ces nuits
je me couche
Posant reposant
ma tête,
je fouille les ombres
j’attends
la grisaille
Insoluble

Oh, tristes sont les nuits d’hiver,
et si lentes;

et que c’est triste une chanson niaise;
No
more

et que c’est triste de mentir et de savoir
qu’une aube encore viendra.

No more my little song comes back;
No more my
comes back.

Références

  • Wikipedia (FR)
  • Meade, Marion (1987). Dorothy Parker: What Fresh Hell Is This?. New York: Penguin Books. p. 5. ISBN 0-14-011616-8.
  • Chambers, Dianne (1995). « Parker, Dorothy ». In Wagner-Martin, Linda. The Oxford Companion to Women’s Writing in the United States. Oxford University Press.

Illustration: Dorothy Parker par auteur inconnu (domaine public, via Wikimedia Commons)

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Whitman, Alden (June 8, 1967). « Dorothy Parker, 73, Literary Wit, Dies« . The New York Times.
  2. ⬆ Silverstein, Stuart Y. (1996). Not Much Fun: The Lost Poems of Dorothy Parker. New York: Scribner. p. 13. ISBN 0-7432-1148-0.

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Robert Oppenheimer https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/21/robert-oppenheimer/ Thu, 21 Dec 2017 05:00:13 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1029 Nous savions que le monde ne serait plus le même. Quelques personnes ont ri, quelques personnes ont pleuré, la plupart des gens étaient silencieux.

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Discipline: science, physique

Robert Oppenheimer vu par Jean-Pierre Marquis

Nous savions que le monde ne serait plus le même. Quelques personnes ont ri, quelques personnes ont pleuré, la plupart des gens étaient silencieux. Je me suis souvenu de cette phrase des textes sacrés hindous, la Bhagavad-Gita; Vishnu essaye de persuader le prince qu’il devrait faire son devoir et, pour l’impressionner, prend sa forme multi-armée et dit, « Maintenant je suis devenu la mort, le destructeur des mondes. » Je suppose que nous avons tous pensé cela, d’une manière ou d’une autre.

On peut voir et entendre, sur le site des archives de l’énergie atomique, J. Robert Oppenheimer prononcer ces phrases sur un ton sombre et grave, dans un documentaire intitulé The Decision to Drop the Bomb réalisé pour la télévision en 1965.

J. Robert Oppenheimer est né le 22 avril 1904 à New York, d’un père juif allemand immigré aux États-Unis en 1888 et d’une mère américaine née à Baltimore. Il est admis à Harvard à 18 ans où il complète son baccalauréat en physique. Il poursuit ses études à Cambridge en 1924 sous la gouverne du célèbre physicien J.J. Thompson, mais il n’y reste que deux ans, ayant de la difficulté, semble-t-il, à satisfaire les exigences en physique expérimentale qui lui sont imposées afin de poursuivre ses études.

Il quitte alors Cambridge pour aller compléter son doctorat à l’Université de Göttingen, un haut lieu de la physique théorique, sous la supervision de Max Born. Il y rencontre Werner Heisenberg, Pascual Jordan, Wolfgang Pauli, Paul Dirac, Enrico Fermi et Paul Teller qui ont tous contribué à l’élaboration de la physique quantique. Oppenheimer obtient son diplôme au mois de mars 1927, après une intense période de recherche qui lui permet d’établir sa réputation en mécanique quantique.

Oppenheimer passe la première partie de sa carrière à l’Université de Californie à Berkeley et au California Institute of Technology, aussi connu sous le diminutif de Caltech, où il contribue à la physique nucléaire, la théorie quantique des champs, l’électrodynamique quantique ainsi qu’à la relativité générale, en particulier la théorie de l’évolution stellaire.

Le grand public connaît toutefois Oppenheimer surtout pour le rôle crucial qu’il a joué dans le développement de la bombe nucléaire. On le qualifie parfois du père de la bombe atomique. Il a, en effet, été le directeur scientifique du projet Manhattan et du laboratoire de Los Alamos, où les premières bombes ont été conçues et testées le 16 juillet 1945. Il s’est toutefois opposé à ce que la seconde bombe soit larguée sur Nagasaki, geste qu’il croyait militairement inutile. Il a par la suite milité en faveur de l’interdiction des armes nucléaires.

Après la guerre, Oppenheimer prend la direction du célèbre Institute for Advanced Study à Princeton au New Jersey. Il a également été Président du Comité consultatif de la Commission de l’Énergie atomique, créée en 1947. Il s’est opposé au développement de la bombe à fusion, la bombe à hydrogène, invoquant à la fois des raisons éthiques et pratiques. Ses objections n’ont pas freiné l’élan des américains, surtout après 1951, alors que son ancien étudiant Edward Teller et le mathématicien Stanislaw Ulam conçoivent un design qui contourne les difficultés techniques qui semblaient à l’époque insolubles. La course aux armes nucléaires est officiellement enclenchée.

Oppenheimer a entretenu pendant les premières années de sa carrière des liens étroits avec des sympathisants et des membres du parti communiste américain. Il était surveillé de près par le FBI alors qu’il dirigeait le laboratoire de Los Alamos. Il a témoigné en 1949 devant la House Un-American Activities Committee, où il admit avoir des liens avec le Parti communiste américain dans les années 1930. Il témoigna à nouveau en 1954, cette fois-ci devant la Commission américaine de l’énergie atomique, témoignage qui lui fit perdre ses accès privilégiés (‘security clearance’) et son poste de consultant auprès du gouvernement sur les affaires nucléaires. La loyauté d’Oppenheimer envers les États-Unis a longuement été mise en doute. Une étude détaillée des archives du KGB a confirmé qu’Oppenheimer n’avait jamais espionné pour les Russes, même si ces dernières ont maintes fois tenté de le corrompre.

Suite à cette humiliation, Oppenheimer se retira sur l’île Saint John, dans les îles vierges américaines. Il prononce des conférences et écrit des articles sur l’histoire de la science, le rôle de la science dans la société et sur les arts et la science. Il reçoit la Légion d’honneur en septembre 1957 et le président John F. Kennedy lui remet le Prix Enrico Fermi en 1963. Il est mort à Princeton le 15 février 1967, suite à un cancer de la gorge.

Références

Domaine public

Les articles et les livres de J. Robert Oppenheimer appartiendront au domaine public à partir du 1er janvier 2018.

Références

  • Oppenheimer, J. R., 1984, Uncommon Sense, Boston, Birkhaüser. (voir Internet Archive)
  • Oppenheimer, J. R., 1954, Science and the Common Understanding, New York, Simon & Schuster. (voir Internet Archive)
  • Oppenheimer, J. R., 1955, The Open Mind, New York, Simon & Schuster. (voir Open Library

Illustration

Auteur: Jean-Pierre Marquis
Images originales réutilisées:

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Geoffrey O’hara https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/20/geoffreyohara/ Wed, 20 Dec 2017 05:00:36 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1027 Les 500 chansons et hymnes composés par Geoffrey tombent dans le domaine public le 1er janvier 2018.

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Discipline: musique

Attention ! Cet article est un bien commun de la connaissance. Il a d’abord été créé sur Wikipédia par cet auteur, puis repris dans cette notule.

Geoffrey O’Hara, né à Chatham le 2 février 1882 et mort le 31 janvier 1967 est un compositeur, chanteur et professeur de musique canadien et américain.

Biographie

Geoffrey O'Hara [between ca. 1910 and ca. 1915]Geoffrey O’Hara est né à Chatham en Ontario au Canada. À l’âge de 18 ans, il étudie au Collège militaire royal du Canada à Kingston en Ontario, où il s’entraîné avec les 1er Hussards. Il a cependant dû abandonner sa carrière militaire à la mort de son père, Robert O’Hara.

En 1904, il déménage aux États-Unis et commence à se produire dans des spectacles de vaudeville. En 1905, il enregistre des disques sous le label Edison Records. En 1913, O’Hara entreprend l’enregistrement de chants amérindiens traditionnels au nom du gouvernement Américain. Il enregistre sur cylindre phonographique un discours sur la complexité de la musique, ainsi que des chants traditionnels Navajo en 1914[1]. Au Cours de la Première Guerre mondiale, il était instructeur de chants patriotiques pour les troupes Américaines.

En 1919, il épouse Constance Dougherty du Massachusetts, avec qui il aura deux enfants, Hamilton et Nancy, devenue plus tard Nancy Jackson. La même année, il est naturalisé citoyen des États-Unis. En 1920, O’Hara aide à organiser la The Composers’ and Lyric Writers’ Protective League (Ligue de protection des compositeurs et écrivains paroliers). Il est également membre du conseil d’administration de la American Society of Composers, Authors, and Publishers (ASCAP), il est le président de la Guilde des auteurs-compositeurs, et sert dans l’United Service Organizations (OSU).

En 1936, O’Hara donne des conférences sur la musique et la chanson, puis occupe différents postes à l’Université de Columbia (de 1936 à 1937), au Huron University College et à l’Université du Dakota du Sud, où il a reçu plus tard un doctorat honoris causa de musique en 1947. Il donne des conférences pour le reste de sa vie.

Il était membre de Delta Omicron, une organisation internationale de professionnels de la musique[2].

Travail

Couverture originale de 1918 de «K-K-K-Katy», de Leo Feist à New York.O’Hara compose plus de 500 chants populaires, patriotiques et des hymnes. Il a quelques succès de musique populaire dans les années 1910 avec des chansons telles que Your Eyes Have Told Me What I Did Not Know (1913), Tennessee, I Hear You Calling Me (1914), et The Old Songs, and Over the Top: Military March (1917).

Son grand succès est sa chanson K-K-K-Katy (1918), l’une des chansons les plus populaires durant la Première Guerre mondiale et la deuxième guerres mondiales, de temps en temps renommée « K. K. K. K. P. »[3].

L’administration du gouvernement Wilson lui commande une version moderne de l’hymne Star Spangled Banner [4].

Chansons

1917 : Give a Man a Horse He Can Ride (L: James Thomson) [5]
1917 : Give Three Loud Cheers avec Samuel Stewart (L: Edith M. Gibbs)
1917 : Over the Top March [6]
1917 : Send Me a Curl
1917 : Woman Who Waits at Home, The (L: Gordon Johnstone)
1918 : Aw Sammie! (L: H. Sanborn)
1918 : I Don’t care Where They Send Me (L: Schuyler Vert)
1918 : I Love the merry Merry Sunshine
1918 : K-K-K-Katy
1918 : Over Yonder Where the Lilies Grow
1918 : Patriotism (L: William Horatio Jour)
1918 : South Will Do Her Part, The (L: H. Sanborn)
1919 : There Is No Death (L: Gordon Johnstone)
1920 : Get Up and Get Out (L: Gordon Johnstone)

Bibliographie

  • Tim Gracyk et Frank Hoffmann, Popular American recording pioneers, 1895–1925, Routledge, 2000 (ISBN 0789012200)
  • David A. Jansen, Tin Pan Alley: the Composers, the Songs, the Performers and their Times, Donald I. Fine, Inc., 1988 (ISBN 1556110995)

Références

Illustration: Bain News Service, publisher. Geoffrey O’Hara [between ca. 1910 and ca. 1915] 1 negative : glass ; 5 x 7 in. or smaller. (via WikiMedia Commons)

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Chants traditionnels Navajo, enregistrement de Geoffrey O’Hara.
  2. ⬆ « List of Delta Omicron patrons and patronesses, Academic »
  3. ⬆ (en) David A. Jansen, Tin Pan Alley : the Composers, the Songs, the Performers and their Times, New York, Donald I. Fine, 1988, 111 p. (ISBN 9781556110993).
  4. ⬆ « Geoffrey O’Hara »
  5. ⬆ Bernard S. Parker, World War I Sheet Music – Volume 1, Jefferson, North Carolina, McFarland & Company, Inc., 2007, 41, 175, 183, 187, 250, 253, 347 p. (ISBN 0-7864-2798-1)
  6. ⬆ Bernard S. Parker, World War I Sheet Music – Volume 2, Jefferson, North Carolina, McFarland & Company, Inc., 2007, 519, 522, 523, 579, 615, 662, 793 p. (ISBN 0-7864-2799-X)

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Rita Mount https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/19/rita-mount/ Tue, 19 Dec 2017 05:00:53 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1025 Rita Mount (1885-1967) est une artiste peintre montréalaise dont l’œuvre entre au domaine public canadien le 1er janvier 2017.

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Discipline: peinture

Rita Mount (1885-1967), est une artiste peintre canadienne née le 7 février 18851 à Montréal au Québec et décédée le 22 janvier 1967 à Montréal.

Rita Mount - photo: Gaby (Gabrielle Desmarais)Lorsque Rita Mount naît en 1885 à Montréal, son cousin Georges Delfosse, fis de fils de Mélaine Delfausse et de Joséphine Mount, de 16 ans plus âgé qu’elle, est un artiste qui débute à l’Institut national des beaux-arts de Joseph Chabert et ensuite à l’Art Association of Montreal [1] avec William Brymner et Edmond Dyonnet. Au tournant du siècle, il est suffisamment connu pour fonder à Montréal la Société canadienne de portraits et de tableaux à l’huile ou l’Art national afin d’être capable de répondre à la demande. C’est donc sur ses traces et dès l’âge de 10 ans, que Rita Mount commence ses études artistiques.

Elle est formée au dessin, en atelier et sur le motif, par son cousin qui enseigne à plusieurs élèves, à l’époque, dont Rodolphe Duguay et Narcisse Poirier. Elle se distingue lors des classes en plein air offertes, l’été, par Maurice Cullen et remporte une bourse de deux années d’études à l’Art Association of Montreal, une école et un musée privé fondé en 1860, qui fut l’ancêtre du Musée des beaux-arts de Montréal. Elle y étudie avec William Brymner, qui dirige l’école de 1886 à 1921.

De nombreux artistes seront également formés à l’Art Association of Montreal: son cousin George Delfosse, quelques années avant Rita, mais aussi et surtout d’autres femmes artistes québécoises du début du XXe siècle : Émily Coonan, Claire Fauteux, Mabel May, Helen McNicoll, Lilias Torrance Newton, Alice Nolin, Sarah Robertson, Anne Savage, la jeune Marian Dale Scott et Regina Seiden, pour ne citer que celles dont l’œuvre est représentée dans les collections du Musée des beaux-arts de Montréal.

Comme toutes celles et ceux qui envisageaient une carrière professionnelle au Québec à l’époque, cette première formation plutôt classique est complétée d’études et de séjours émancipateurs à l’étranger.

En 1910, à 25 ans, Rita Mount étudie à l’Atelier Delécluze et au Cercle international des beaux-arts, à Paris, ainsi qu’à l’Art Students’ League de New York, avec Frank DuMond (1865-1951) un des plus influents peintres-enseignants impressionnistes en Amérique au tournant du XXe siècle. Elle prend aussi des cours de peinture de paysages avec John F. Carlson à Woodstock, New York. Après ses études, elle retourne au Canada et ouvre un studio à Montréal.

À la recherche de paysages inspirants, elle effectue de nombreux voyages, explorant le continent, vers la côte du Pacifique (Banff en 1934, Victoria, le parc de Yellowstone et le Wyoming en 1937) puis du côté de l’Atlantique (Cap Breton, Nouvelle-Écosse mais aussi Gaspésie, où elle séjourne à plusieurs reprises). Elle acquiert de la notoriété pour ses marines qui font l’objet d’une exposition individuelle à l’Art Association en 1934.

Elle est membre associée de l’Académie royale des arts du Canada et de l’Independent Art Association.

Demeurant avec sa sœur Marie Mount sur l’avenue Outremont, elle décède le 22 janvier 1967 à l’Hôpital Général de Montréal après une courte maladie [2]. Elle est enterrée au Cimetière de Côte-des-neiges à Montréal.

Expositions

Dès l’âge de 18 ans, Mount expose régulièrement aux Salons de l’Art Association of Montreal et, à compter de 1910, à l’Académie royale des arts du Canada. En 1916-1917, elle présente ses œuvres à la bibliothèque Saint-Sulpice, avec Claire Fauteux et Berthe Lemoine.

Ses œuvres sont exposées dans diverses galeries d’art montréalaises (Continental Galleries, Watson Art Galleries, Klinkhoff Gallery et Morency Frères Ltee).

Elle participe également à plusieurs expositions au Canada (dont des expositions de l’Ontario Society of Artists) et à l’étranger dont :

  • en 1936, l’exposition Collection des peintures contemporaines canadiennes qui circule dans les pays du Commonwealth
  • en 1937, l’exposition du Couronnement, à Londres
  • en 1939, l’exposition de la New York World’s Fair.

En 1943, une exposition du Musée de Québec est consacrée à ses tableaux représentant la péninsule gaspésienne et le Cap Breton. En 1958, elle organise une exposition de ses œuvres en compagnie de deux autres femmes artistes-peintres, Irene Shaver and Vivian Walker.

Conservation des œuvres

Les œuvres de Rita Mount sont conservées au musée des beaux-arts de Montréal, au musée du Québec et au musée des beaux-arts du Canada. À sa mort, en 1967, sa sœur confie ses archives à la Bibliothèque nationale du Québec. Ce fond, qui comprend aussi des correspondances, constitue un des rares fonds illustrant la carrière d’une femme artiste-peintre au Québec.

Références

Canadian Women Artists History Initiative [3]

Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuelInternational Standard Name IdentifierBibliothèque nationale de France  • Bibliothèque du CongrèsAutorités CanadianaWorldCat

Illustration: Rita et Marie Mount, Peintres (5 de 35). Photo: Gaby (Gabriel Desmarais). Mars 1961. Disponible dans le fonds « Fonds Gabriel Desmarais (Gaby) », conservé à BAnQ Vieux-Montréal.

Liens et notes complémentaires

  1. ⬆ Femmes artistes du xxe siècle au Québec, 2010 (ISBN 978-2-551-19857-3), p. 245
  2. ⬆ « Avis de décès », La Presse,‎ 24 janvier 1967, p. 14 (lire en ligne)
  3. ⬆ (en) « Artists : MOUNT, Rita – Canadian Women Artists History Initiative » (consulté le 10 décembre 2017)

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Lillian Moore https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/18/lillian-moore/ Mon, 18 Dec 2017 05:00:12 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1023 Les textes de Lillian Moore, historienne de la danse, tomberont dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

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Discipline: danse, histoire

Lillian Moore (source: Goucher College)Danseuse, enseignante et historienne de la danse, Lillian Moore a consacré l’histoire de la danse aux États-Unis en tant que champ d’étude à part entière, à une époque où cet art était encore considéré comme trop éphémère et trivial pour faire l’objet de recherches historiques sérieuses. Par ses investigations approfondies et le développement d’une méthodologie et de standards, elle a structuré l’écriture et les recherches concernant l’histoire de la danse, contribuant ainsi à en faire un domaine viable et respectable.

Née en septembre 1911 à Chase City en Virgine, Lillian Moore est partie très jeune à New York pour étudier d’abord le ballet avec George Balanchine, chorégraphe et créateur de l’école de l’American Ballet, puis la danse moderne avec Charles Weidman, chorégraphe et initiateur du mouvement chorégraphique moderne aux États-Unis.

À 16 ans, elle débute en tant que danseuse au Metropolitan Opera Ballet – une compagnie de danse attachée au Metropolitan Opera de New York. C’est durant cette même période, en 1929, qu’elle publie ses premiers écrits sur l’histoire de la danse, avec un essai sur Fanny Elssler, une danseuse autrichienne. Durant et après la seconde guerre mondiale, elle voyage en tant que danseuse soliste pour les services de l’United Service Organizations (USO), pour apporter loisirs et soutien moral aux membres de l’armée américaine. Elle donne des concerts solo incluant aussi bien ses propres chorégraphies que des œuvres chorégraphiques historiques.

En 1954, Lillian Moore met un terme à sa carrière de danseuse et commence alors à enseigner et à intensifier ses recherches sur l’histoire de la danse aux États-Unis. Elle publie des livres, mais également de nombreux articles de recherche ou plus populaires, ainsi que des reportages dans les revues The Dancing Time, Dance Magazine, The New York Herald Tribune, Dance index, ou encore dans l’importante publication Dance Perspectives. Ses intérêts sont vastes, portés sur l’histoire de la danse aux États-Unis et en Europe aux 18ème et 19ème siècles, mais s’orientent parfois sur des champs plus spécifiques tels que les premiers temps de l’American Ballet, le Ballet romantique en Europe, ou le Royal Danish Ballet. Tout en fournissant ses textes aux étudiants, elle s’attache à identifier les périodes de recherches, de personnalités, d’institutions et d’œuvres auxquelles les futurs historiens pourraient s’intéresser.

Chercheuse dévouée, elle passe quasiment chaque jour dans les archives dédiées à la danse de la Bibliothèque publique de New York (NYPL), tant et si bien qu’elle devient brièvement directrice intérimaire de la collection de danse de cette institution.

Elle écrira jusqu’à sa mort à l’âge de 55 ans, en 1967. Sa propre collection de recherche est conservée à la NYPL’s Jerome Robbins Dance Division. Incluant ses notes personnelles, ses recherches, des documents légaux, des photographies, ainsi que des correspondances avec des bibliothécaires, étudiants et descendants de danseurs, ses archives témoignent de ses efforts constants pour documenter l’histoire de la danse, la faire comprendre et apprécier.

Domaine public

Livre de Lillian MooreLes textes de Lillian Moore appartiendront au domaine public canadien dès le 1er janvier 2018. Parmi ses ouvrages, citons :

  • Artists of the dance. New York: Thomas Y. Crowell Co., 1938.
  • Russian Ballet Master: The Memoirs of Marius Petipa. Edited by Lillian Moore. Translated by Helen Whittaker. New York: Macmillan, 1958.
  • The Duport Mystery. Brooklyn: Dance Perspectives, Inc. 1960.
  • Bournonville and Ballet Technique: Studies and Comments on August Bournonville’s Études Chorégraphiques, by Erik Bruhn and Lillian Moore. London: A. & C. Black, 1961.
  • Prints on Pushcarts: The Dance Lithographs of Currier and Ives. Brooklyn: Dance Perspectives, Inc., 1962.
  • Images of the dance; historical treasures of the Dance Collection, 1581–1861. New York: New York Public Library, 1965.
  • Echoes of American Ballet: A Collection of Seventeen Articles written and selected by Lillian Moore; ed., and with an introd., by Ivor Guest. Brooklyn: Dance Horizons, 1976.

Références

Illustration: Lillian Moore interprétant Oriental Dance. Photographe: inconnu. Source: Goucher College’s Special Collections (via dance studio life). Reproduction autorisée.

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Paul Pratt https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/17/paul-pratt/ Sun, 17 Dec 2017 05:00:04 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1037 Paul Pratt, 1894-1967, clarinettiste, pianiste, chef d’orchestre, professeur, compositeur et maire de Longueuil de 1935-1966, entre dans le domaine public canadien.

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Disciplines: musique, politique

Paul Pratt (Archive - Le Courrier du Sud)
Paul Pratt naît en 1894 à Longueuil. Il suit ses premiers cours de piano, dès l’âge de 7 ans, au Couvent de Longueuil. Issu d’une famille de gens d’affaires (on dit que son grand-père, John Pratt, était l’un des Canadiens-français les plus riches de son temps), ses parents l’inscrivent au cours commercial du Collège de Longueuil. Une fois son cours commercial terminé, il s’inscrit au Conservatoire national de musique où il devient « lauréat clarinette » en 1912. Il se perfectionne au piano et à la clarinette et enseigne ces deux instruments au Collège de Longueuil de 1913 à 1919. Il dirige l’orchestre et l’harmonie de cette institution ainsi que l’orchestre de la Société des concerts de Longueuil. Jusqu’en 1967, il s’implique comme musicien ou chef d’orchestre dans plusieurs ensembles, tels le Canadian Grenadier Guards (1919-1939), le Montreal Orchestra  (1931-1941), le South Shore Band de Longueuil et l’Harmonie Métropole de Montréa l(1950-1967).

Il compose des pièces musicales qui sont jouées lors des différents concerts auxquels il participe. Parmi ses compositions, on compte des marches (La marche des petits soldats, La Marche rose, Marche de la Société des concerts), des valses (Nini en l’honneur de son épouse Eugénie Marcil), des pièces pour piano (Sur le Lac Champlain), et une Fantaisie-Impromptu pour harmonie. Contemporain de Wilfrid Pelletier, ce dernier fera appel à quelques occasions à ses talents de musicien clarinette basse lors de concerts de l’Orchestre symphonique de Montréal.

Élu maire de la ville de Longueuil pour la première fois en 1935, Paul Pratt demeure néanmoins actif dans le milieu musical et continue à diriger différents orchestres ou fanfares locales. Il est réélu maire de Longueuil jusqu’en 1966. Dès 1945, un parc à Longueuil est nommé à son nom en reconnaissance de son travail.

Domaine public

Les partitions des œuvres de Paul Pratt tomberont dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

On trouve notamment une partition musicale au nom de Paul Pratt à la BAnQ, publiée par l’auteur en 1920: « Sur le Lac Champlain: barcarolle pour piano, op. 15″.

Le catalogue en ligne Worlcat.org recense plus d’une cinquantaine de  partitions musicales au nom de Paul Pratt, sans indiquer de date de naissance, ce  qui nous permettrait de certifier qu’il s’agit bien du Québécois Paul Pratt. Cependant, la plupart des titres ont une date de copyright entre 1909 et 1918, période où Paul Pratt a été très actif en tant que compositeur et musicien. En voici quelques exemples :

  • Vanity: rag two-step, 1909.
  • I’m going back to Birmingham, 1913.
  • My old girl, 1913
  • ‘Mid the purple-tinted hills of Tennessee, 1913.
  • Everybody tango: one-step., 1914.
  • As the day fades away I want you, 1914.
  • When the moon shines down on lonesome town, 1915.
  • Moontime is spoontime: when you’re with the girl you love, 1915.
  • Who’ll be your sweetheart then?, 1915.
  • Kissable child, 1918

Sources

  • Encyclopédie canadienne. Pratt, Paul.
  • Encyclopédie de l’histoire du Québec. Pratt, Paul.
  • Pratt. Michel. Longueuil au temps du maire Pratt, 1894-1967. Longueuil, Société historique du Marigot Inc., 1993. 187 pages.
  • Wikipédia: Paul_Pratt.

Illustration: auteur inconnu (photo d’archive, Le Courrier du Sud)

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Arthur Maheux https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/16/arthur-maheux/ Sat, 16 Dec 2017 05:00:44 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1019 L’œuvre d’Arthur Maheux, prêtre, professeur et historien, tombera dans le domaine public canadien dès le 1er janvier 2018.

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Disciplines: religion, éducation, histoire

Arthur Maheux en 1947 (auteur: inconnu)Arthur Maheux naît à Sainte-Julie de Mégantic en 1884, un milieu rural. Il fait des études à l’Université Laval où il obtient un doctorat en théologie en 1908.

Ordonné prêtre la même année, il enseigne au Séminaire de Québec avant d’être envoyé à Paris en 1914 afin de parfaire ses études. Il obtient un diplôme supérieur en philologie de l’École des hautes études en 1917.

De retour au Québec, il entreprend une carrière très active à titre d’enseignant et d’administrateur au Séminaire de Québec ainsi qu’à l’Université Laval. Travailleur acharné, il occupe parfois simultanément plusieurs postes administratifs dans les deux institutions. Il participe à la création du Département d’histoire de l’Université Laval. Il sera l’archiviste du Séminaire de Québec de 1938 jusqu’à quelques mois avant sa mort en 1967.

L’abbé Maheux a écrit de très nombreux articles dans les journaux et revues ainsi que quelques essais et biographies. À titre d’historien, il a donné plusieurs conférences sur l’histoire du Canada et participé à de nombreuses causeries à la radio. Promoteur de l’identité canadienne-française au pays, il défend la qualité de la langue française. Mais on retient surtout de lui sa position sur l’unité canadienne et sa défense de la bonne entente entre francophones et anglophones. Cette position de Maheux est à l’origine de la controverse intellectuelle qui l’a opposé, durant les années ’40, au chanoine Lionel Groulx.

Durant la 2e guerre mondiale, l’abbé Maheux s’était montré favorable au bilinguisme et il défendait l’idée d’un manuel unique d’histoire du Canada qui présenterait les points de convergence entre les deux groupes nationaux dans le but de promouvoir l’unité du pays. En 1943, il publie un essai intitulé Pourquoi sommes-nous divisés? où il présente les facteurs qui ont nui à l’unité nationale. Le chanoine Lionel Groulx répliquera peu après en publiant Pourquoi nous sommes divisés, essai dans lequel il détruit la thèse de « bon-ententisme de Maheux ». « Entre le Canada français et le Canada anglais, il y avait, selon lui, différences fondamentales de foi, de langue, de droit, de traditions et de philosophie de vie de sorte qu’il ne leur serait jamais possible de  penser, sentir, réagir, de même façon ». (Dorais).

Ces différentes interprétations donneront naissance, dans les années ’50 et ’60, à deux courants importants dans l’historiographie canadienne: l’École de Montréal, pour qui la Conquête de 1760 avait eu des conséquences néfastes pour le développement du Québec et l’École de Québec, basée à l’Université Laval, qui attribuait plutôt le retard économique des Canadiens français à l’influence prépondérante d’un clergé tout-puissant.

La proposition de l’abbé Maheux est abondamment critiquée dès sa parution et ses compétences, en matière d’histoire nationale, sont remises en question. On lui reproche alors d’éluder les détails de l’histoire canadienne et de présenter des comparaisons anachroniques. La polémique avec le chanoine Groulx le discrédite comme historien. Il continue à écrire des articles importants, sur l’enseignement des sciences entre autres, mais ses travaux comme historien seront totalement ignorés. L’abbé Arthur Maheux, à l’inverse du chanoine Groulx, mort aussi en 1967, est devenu un historien oublié.

Domaine public

Toute l’œuvre d’Arthur Maheux tombera dans le domaine public canadien dès le 1er janvier 2018. Voici une liste non exhaustive d’ouvrages publiés:

  • Ton histoire est une épopée – Nos débuts sous le régime anglais, 1941.
  • Propos sur l’éducation, 1941.
  • Le Canada parle à la France, 1942.
  • French Canada and Britain: a new interpretation, 1942.
  • Canada Victorious, Happy and Glorious, 1943.
  • Pourquoi sommes-nous divisés?, 1943.
  • Canadian Unity: what keep us apart?, 1944.
  • L’Université Laval et la culture française au Canada, 1952.
  • Bibliographie analytique de l’oeuvre de Monseigneur Arthur Maheux de la Société royale du Canada, archiviste au Séminaire de Québec [microforme]; précédée d’une biographie. Montréal: Bibliothèque nationale du Québec, 1978.

Références

Illustration: Auteur inconnu, via Bilan du siècle (Université de Sherbrooke)

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René Magritte https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/15/rene-magritte/ Fri, 15 Dec 2017 05:00:59 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1017 Les images de René Magritte appartiendront au domaine public dès le 1er janvier 2018.

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Discipline: Peinture

René Magritte photographié par Lothar Wolleh

Une quinzaine d’années avant sa disparition en 1967, le peintre surréaliste belge René Magritte rencontre un franc succès. Dès lors, la reconnaissance de son œuvre n’a jamais été démentie. Sa réflexion sur « les mots, la pensée et les images » intéresse philosophes et historiens de l’art. Son tableau, peut-être le plus connu, La Trahison des Images / Ceci n’est pas une pipe (1929) frappe aujourd’hui encore l’imaginatif populaire.

« La fameuse pipe, me l’a t-on assez reprochée! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’en représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau, Ceci est une pipe, j’aurais menti!… »

René Magritte est né en 1898 à Lessines (Wallonie). Aîné de trois frères, il connaît une enfance difficile. La mère modiste est dépressive et se suicide par noyade en 1912. Le père, instable économiquement, oblige sa famille à déménager régulièrement — Châtelet, Charleroi, Bruxelles. René Magritte fréquente dès 1916 les cours de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il étudie différents courants picturaux comme le cubisme et le futurisme.

Lors d’une rencontre en 1924 avec les représentants dada, il découvre une peinture de Giorgio De Chirico, Le Chant d’amour (1914). Il dira plus tard: « Mes yeux ont vu la pensée pour la première fois… ». Son style se peaufine, il organise une exposition personnelle en 1927, mais l’accueil du public est mitigé. Le tableau Le Jockey perdu (1926) est pourtant remarqué et sera considéré plus tard comme le début de son travail sur le surréalisme. Le musée de Grenoble acquiert en 1928 Les Épaves de l’ombre (1927), une première pour les collections publiques. Un an plus tard, Magritte fonde, avec Nougé et Mesens, le groupe surréaliste de Bruxelles. Avant de faire son service militaire, il travaille comme dessinateur dans une usine de papier peint. Il épouse en 1922 Georgette Berger que l’on retrouvera régulièrement dans ses peintures.

Le couple quitte la Belgique en 1927, s’installe en région parisienne, au Perreux-sur-Marne. Magritte travaille beaucoup sur le concept « les mots et les images ». Il prend contact avec les surréalistes parisiens et participe à leurs travaux.

L’intégration du couple à Paris n’est pas facile. Magritte se fâche avec André Breton, ce qui ne les empêchent pas de collaborer en 1934 au livre Qu’est-ce que le surréalisme?. Il se lie d’amitié avec Paul et Gala Eluard, plus tard avec Salvador Dali qui l’invite à passer un été à Cadaqués.

Devant la crise de 1929, Magritte et son épouse retournent à Bruxelles en 1930. Avec son frère Paul, compositeur en musique de variété, ils créent jusqu’en 1936 Dongo, une petite agence de publicité — activité qu’il poursuit ensuite de temps à autre jusqu’en 1965. Magritte qualifie ces occupations de « travaux imbéciles » mais néanmoins bien alimentaires. Il adhère en 1932 au parti communiste belge.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Magritte organise une exposition personnelle à Paris et présente ce qu’il appelle sa « période vache ». La critique est acerbe, sa palette aux couleurs outrancières désarçonne le public bon chic bon genre parisien. L’expérience reste sans lendemain.

Comme un défi à lui-même, il accepte en 1953 la commande d’une fresque de soixante-dix mètres de long en huit panneaux pour le casino de Knokke-le-Zoute, Le Domaine enchanté. Le succès est au rendez-vous et la première rétrospective est organisée à Bruxelles.

Les commandes se succèdent: La Fée ignorante en 1957 pour le Palais des Beaux-arts de Charleroi, Les Barricades mystérieuses en 1961 pour le Palais des congrès de Bruxelles. En outre-Atlantique, il est invité par la galerie Iolas NY et assiste à sa rétrospective au Musée d’Art Moderne de New York en 1965. La même année, il peint Le Blanc seing, peut-être sa dernière toile importante. Chicago, Rotterdam… les rétrospectives se suivent.

Magritte a un autre projet: faire des sculptures inspirées de ses tableaux, mais sa santé se dégrade. Il fait trois séjours en Italie, à Ischia, à Rome et chez son fondeur à Vérone pour corriger les cires. Les bronzes sont coulés après sa mort.

René Magritte meurt en août 1967 à Schaerbeek/Bruxelles.

Avec son chapeau melon légendaire, toujours bien mis de sa personne, Magritte soigne son personnage. Peintre mais aussi publicitaire, il maîtrise parfaitement la force, la puissance des mots et des images qu’il enfouit dans son monde de mystères et, de là, dans l’imaginaire du public.

« Je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées. »

Perspective: Madame Récamier de David, 1951, huile sur toile

Seules deux peintures de Magritte sont conservées dans les collections publiques du Canada:

  • Perspective: Madame Récamier de David, 1951, huile sur toile, Musée des beaux-arts du Canada, achetée en 1997 (illustration ci-dessus).
  • L’anniversaire, 1959, Art Gallery of Ontario, huile sur toile, achetée en 1971

René Magritte vu par Paul Éluard

En 1935, René Magritte inspirait ces quelques vers au poète Paul Éluard (1895-1952):

René Magritte

Marches de l’œil

A travers les barreaux des formes

Un escalier perpétuel

Le repos qui n’existe pas

Une des marches est cachée par un nuage

Une autre par un grand couteau

Une autre par un arbre qui se déroule

Comme un tapis

Sans gestes

Toutes les marches sont cachées

On a semé des feuilles vertes
Champs immenses forêts déduites
Au coucher des rampes de plomb
Au niveau des clairières
Dans le lait léger du matin

le sable abreuve de rayons
Les silhouettes des miroirs

Leurs épaules pâles et froides
Leurs sourires décoratifs
L’arbre est teinté de fruits invulnérables

Paul Éluard, 1935

DOMAINE PUBLIC

Les images de René Magritte appartiendront au domaine public dès le 1er janvier 2018.

Références

Mes remerciements au service Documentation des collections du musée de Grenoble.

  • Entretiens avec René Magritte, Institut national de l’audiovisuel, 1967.
  • Magritte René, Écrits complets, Flammarion, 1979.
  • Hammacher Abraham-Marie, René Magritte, Ars Mundi, 1986.
  • Haddad Hubert, Magritte, Hazan, 1996.
  • Ottinger Didier, La Trahison des images, catalogue d’exposition, Centre Pompidou, 2016.
  • Wikipédia (fr) : René Magritte.
  • La Fondation Magritte.
  • Musée Magritte, Bruxelles.

Illustrations

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John Lyman https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/14/john-lyman/ Thu, 14 Dec 2017 05:00:16 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1015 L’œuvre de John Goodwin Lyman, artiste-peintre, auteur et professeur, entrera dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

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Discipline: peinture

À la plage (John Lyman)John Goodwin Lyman (1886-1967), artiste-peintre, auteur et professeur, est né à Biddeford dans le Maine, de parents d’origine américaine, devenus citoyens canadiens. Fils de famille bien né, l’argent ne sera jamais un problème pour lui. Il fréquente le Montreal High School, puis, à l’âge de 14 ans, il voyage en Europe et au Proche-Orient en compagnie de son père. En 1907, il retourne à Paris qui deviendra son port d’attache pendant les 25 années suivantes. C’est là qu’il découvre le peintre canadien James W. Morrice, à qui il consacrera une étude en 1945, ainsi que Henri Matisse. Il s’inscrit à des cours à l’Académie Matisse et sa peinture en restera marquée pour le reste de sa carrière.

Il revient à Montréal en 1911 et épouse une Canadienne-française, Corine Saint-Pierre, qui lui servira parfois de modèle et qui écrira l’avant-propos du catalogue de sa 1re exposition. En 1913, il présente 4 tableaux lors de la 30e Exposition du Printemps organisée par l’Art Association of Montreal. L’exposition fait scandale et la critique montréalaise dénigre particulièrement le travail de Lyman. Puis, une exposition solo présentant ses peintures et ses dessins, quelques mois plus tard, continue à faire réagir la critique qui comprend mal la modernité de ses œuvres. Déçu et dégouté, Lyman retourne à Paris et ne reviendra vivre à Montréal qu’en 1931. Il expose de nouveau à Montréal en 1927 et la critique, autant francophone qu’anglophone, salue désormais son travail et considère qu’il « a fait de remarquable progrès en peinture (…) et qu’il sait maintenant dessiner et composer » (Morgan-Powell, critique d’art du Montreal Star dans Grandbois, p. 71).

À son retour en 1931, il fonde L’Atelier avec André Bieler et se porte à la défense de l’art moderne canadien. Il devient critique d’art dans The Montrealer, de 1936 à 1942, où il prône l’internationalisme dans l’art. Ce médium lui permet de présenter de nombreuses idées modernistes de l’École de Paris. En 1939, il fonde la Société d’art contemporain afin de regrouper les artistes canadiens « non académiques » et favoriser et améliorer leurs conditions d’exposition. En 1951, il devient professeur à la Faculté des Beaux-Arts de l’Université McGill, puis directeur du département jusqu’à sa retraite en 1958. « Devenu un véritable fédérateur dans son milieu, John Lyman s’active désormais sur plusieurs plans comme peintre, professeur, critique d’art et organisateur d’expositions ». (Grandbois p. 72)

Le site de la Galerie Valentin présente Lyman comme le peintre de l’intimité. Tout au long des années ’20, « il dessine de nombreux nus sensuels à la posture osée ainsi que des poses non conventionnels de jeune homme qui se déhanche ». Il peint aussi de nombreux paysages méridionaux où la lumière prend une grande importance. Selon Lyman, la lumière révèle les formes et les couleurs. Aux lendemains de son exposition de 1913, il se réfugie d’abord aux Bermudes, dans une résidence détenue par un oncle. Il achète par la suite une propriété dans le sud de la France à Cagnes-sur-mer. Il fait aussi de nombreux séjours en Tunisie, particulièrement dans la petite ville d’Hammamet. Dans tous ces endroits, il ressent l’éblouissement de la lumière qu’il transmet dans sa peinture.

Lyman a exposé sa pensée sur la vie et sur l’art dans de nombreux écrits. Parfaitement bilingue, il s’exprimait avec facilité et efficacité. Selon Louise Dompierre, c’est Paris qui l’a formé avant tout. La ville « aura également forgé son acuité à saisir les enjeux de l’art moderne d’un point de vue universel et à en défendre les principes, aussi bien par la peinture que par le verbe » (Louise Dompierre, John Lyman, 1886-1967 dans Grandbois p. 47)

Domaine public

L’œuvre de John Lyman entrera dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

Œuvre écrite

  • Lyman, John. Morrice. L’Arbre, Montréal, c1945.
  • Déry, Louise. L’influence de la critique d’art de John Lyman dans le milieu artistique québécois de 1936 à 1942. Thèse présentée à l’Université Laval en 1982. De nombreuses critique de Lyman publiés dans The Montrealer sont reproduites dans cette thèse.
  • Inédits de John Lyman. Choix des textes et annotations de Hedwidge Asselin. Montréal, Ministère des affaires culturelles, Bibliothèque nationale du Québec, 1980.
  • Fonds John Lyman (MSS149) – Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Le fonds contient: documents manuscrits de John Lyman et concernant John Lyman; correspondance; photographies; papiers personnels; journal; dessins, etc.

Œuvre picturale (exemples en ligne)

Entrevue

  • John Lyman, peintreOffice national du film. Film réalisé par Fernand Dansereau en 1958 d’une durée de 28 minutes. Interviewé par Guy Viau, le peintre raconte les grandes étapes de sa carrière. Des reproductions de ses tableaux et des scènes de ses déambulations sur la plage de Cape Cod entrecoupent l’interview. Le tournage a eu lieu à Montréal, Cape Cod et North Hatley.

Sources

Illustrations

  • À la plage (John Lyman)John Lyman (1886-1967), À la plage (Saint-Jean-de-Luz). Huile sur papier collé sur toile, 45,6 x 55,5 x 2,4 cm. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. (via Wikimedia Commons)
  • John Lyman, Autoportrait, 1918, huile sur toileJohn Lyman, Autoportrait, 1918, huile sur toile (Musée national des beaux-arts du Québec)

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Alexandra Luke https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/13/alexandra-luke/ Wed, 13 Dec 2017 05:00:29 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1013 L’œuvre d'Alexandra Luke, peintre canadienne et mécène de l'expressionnisme abstrait, tombera dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018.

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Attention ! Cet article est un bien commun de la connaissance. Il a d’abord été créé sur Wikipédia par cet auteur, à partir de l’entrée correspondante en anglais qui a été produite par de nombreux contributeurs, puis repris dans cette notule.

Discipline: peinture

Alexandra Luke (d'après Gérald Campbell)Alexandra Luke (14 mai 1901-1er juin 1967) est née dans une famille aisée de Westmount, sur l’île de Montréal. Elle était l’une des filles jumelles de Jesse Herbert Ritson Luke et de Emma Russell Long.[1] Lorsqu’elle eut terminé son secondaire, en 1914, la famille s’installa à Oshawa, en Ontario. Peu après, Alexandra et sa sœur jumelle Isobel entreprirent une formation d’infirmière à l’Hôpital Columbia pour les femmes de Washington (district de Columbia).

Après avoir décroché son diplôme, Alexandra Luke retourna à Oshawa où elle se maria avec Marcus Everett Smith. Leur mariage fut de courte durée puisque Smith mourut subitement après quatre mois de mariage. Alexandra donna néanmoins naissance à son fils, Richard, en 1926.[2] Peu après, elle fut courtisée par Clarence Ewart McLaughlin, fils de George W. McLaughlin et petit-fils de Robert McLaughlin, the founder of the McLaughlin Carriage Company. Le couple se maria en 1928 et eut un premier enfant, Mary, en 1930.

Carrière artistique et groupe P11

Alexandra Luke ne se lança dans la création artistique que dans la fin de la vingtaine. Inspirée par deux artistes de la région, Dorothy Van Luven et Dorothy Henderson[1], elle se mit à peindre et à organiser des classes de peinture en ville. Elle mit sa fortune à contribution afin d’aider à bâtir la communauté artistique d’Oshawa et devint membre de plusieurs conseil et organismes sans but lucratif, dont le Oshawa Women’s Lyceum Club et la Oshawa Historical Society.

Alexandra Luke peignait des paysages dans un grand studio au troisième étage de la maison de son mari. Bientôt, elle découvrit l’Expressionnisme abstrait en visitant des expositions d’art contemporain à Toronto et Ottawa. Voulant à tout prix ne pas être perçu comme une artiste amateur, elle fit examiner son portfolio par le peintre paysagiste Caven Atkins en 1944. Atkins livra une critique brutale, lui disant que son style inspiré par le Groupe des sept n’était pas viable[1]. Cela la poussa à explorer l’abstraction plus en profondeur et à suivre, en 1945, une formation académique à la Banff School of Fine Arts (aujourd’hui Banff Centre), puis, en 1947, à la Hans Hofmann School of Art de Provincetown, Massachussetts. Grâce à l’enseignement de Hofmann, elle commença à comprendre comment insuffler de l’énergie dans ses tableaux à partir de la couleur, de la texture et de l’utilisation de la toile blanche.

Elle commença à exposer ses œuvres au début des années 50 à différents endroits tels que le Canadian Group of Painters et la Picture Loan Society[2]. En 1952, elle organisa la première exposition d’abstraction canadienne (Canadian Abstract Exhibition), où elle rencontra les futurs membres de Painters Eleven (P11). Avec ce groupe, elle redoubla d’inspiration, produisant plus de tableaux et pouvant alors exposer ses œuvres dans une multitude d’endroits, aux États-Unis et au Canada. Elle fit activement la promotion de l’art abstrait canadien et joua un rôle « important et inspirant »[2] au sein du groupe.

Fin de vie

Alexandra Luke continua à peindre et à soutenir l’art abstrait jusqu’à sa mort causée par un cancer des ovaires, le 1er juin 1967. Elle avait produit un nombre appréciable d’œuvres et participé à plus de 80 expositions de groupe et solo. Elle avait également été acceptée dans de prestigieuses associations artistiques dont le Canadian Group of Painters, en 1959, et la Ontario Society of Artists en 1960[1].

Peu avant sa mort, Madame Luke et son mari Ewart offrirent un soutien financier majeur et des œuvres provenant de leur propre collection afin de créer une galerie d’art publique pour la Ville d’Oshawa. Celle-ci devint la Robert McLaughlin Gallery, ainsi nommée en l’honneur du grand-père d’Ewart en 1967[3]. On y trouve toujours ces nombreuses œuvres du groupe Painters Eleven

Domaine public

Toute l’œuvre picturale d’Alexandra Luke tombera dans le domaine public canadien dès le 1er janvier 2018. On peut en découvrir quelques-unes en entrant le nom de l’artiste dans le moteur de recherche de la Robert McLaughlin Gallery. Celle-ci détient la plus grande collection d’œuvres du groupe Painters 11 au Canada.

Sources et références

Illustration: Christian Aubry, d’après une photo de Gerald Campbell

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ a, b, c et d Iris Nowell, Painters Eleven: The Wild Ones of Canadian Art, Vancouver, BC, Douglas & McIntyre, 2010, 101–111 p. (ISBN 978-1-55365-590-9)
  2. ⬆ a, b et c JoanMurray, Alexandra Luke: Continued Searching, Oshawa, Ontario, The Robert McLaughlin Gallery, 1987, 1–9 p.
  3. ⬆ The History [archive du 9 juillet 2012], The Robert McLaughlin Gallery (consulté le 24 juin 2013)

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Langston Hughes https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/12/langston-hughes/ Tue, 12 Dec 2017 06:00:40 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1011 L’œuvre de Hughes entre dans le domaine public au Canada le 1er janvier 2018.

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Le Nègre parle des fleuves,
Langston Hughes, 1902 – 1967

J’ai connu des fleuves:
J’ai connu des fleuves anciens comme le monde et plus vieux
que le flux du sang humain dans les veines humaines.
Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves..
Je me suis baigné dans l’Euphrate quand les aubes étaient neuves.
J’ai bâti ma hutte près du Congo et il a bercé mon sommeil.
J’ai contemplé le Nil et au-dessus j’ai construit les pyramides.
J’ai entendu le chant du Mississippi quand Abe Lincoln descendit
à la Nouvelle-Orléans, et j’ai vu ses nappes boueuses transfigurées en
or au soleil couchant.
J’ai connu des fleuves:
Fleuves anciens et ténébreux.
Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves..
(Traduction libre sur Wikipédia)
The Negro Speaks of Rivers,
Langston Hughes, 1902 – 1967

I’ve known rivers:
I’ve known rivers ancient as the world and older than the
flow of human blood in human veins.
My soul has grown deep like the rivers.
I bathed in the Euphrates when dawns were young.
I built my hut near the Congo and it lulled me to sleep.
I looked upon the Nile and raised the pyramids above it.
I heard the singing of the Mississippi when Abe Lincoln
went down to New Orleans, and I’ve seen its muddy
bosom turn all golden in the sunset.
I’ve known rivers:
Ancient, dusky rivers.
My soul has grown deep like the rivers.
(Texte original)

 
 

Acteur principal de la Renaissance de Harlem, poète, activiste, nouvelliste, dramaturge et chroniqueur, résume la vie polyvalente de l’Américain Langston Hughes, décédé à l’age de 65 ans. Hughes commence sa vie à Joplin (Missouri) et nous quitte le 22 mai 1967 à New York.

Il fut une figure importante de la Renaissance de Harlem et également considéré l’un des premiers Afro-Américains à vivre de sa plume. Son premier poème et cité comme le plus célèbre, The Negro Speaks Rivers ou Le Nègre parle des fleuves, a été publié dans la revue Crisis Magazine, la revue de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (National Association for the Advancement of Colored People – NAACP). Hughes n’avait que 18 ans à l’époque et venait de terminer ses études secondaires à Cleveland en Ohio. L’inspiration de ce poème vient de son voyage au Mexique pour rendre visite à son père lorsque son train était en train de traverser le fleuve Mississippi. Langston Hughes a dit dans son autobiographie que ça lui a pris de 10 à 15 minutes pour le rédiger. On peut lire son poème ci-dessus.

(Biography. (s. d.). Mini Bio: Langston Hughes.)

Hughes a une histoire inspirante à une époque où la ségrégation et le racisme étaient bien présents dans le paysage américain. Le père de Langston insistait qu’après ses études secondaires il aille à l’université poursuivre des études en génie tandis que Langston voulait devenir écrivain. Le père de Hughes gagne et Langston s’inscrit à l’Université Columbia en sciences appliquées. La victoire du père fut cependant de courte durée et un an plus tard, en raison du racisme de ses camarades de classe, Langston quitte l’Université Columbia.

En 1926, The Weary Blues, le premier recueil de poèmes de Langston fut publié.

Domaine Public

L’oeuvre de Hughes entre dans le domaine public au Canada le 1er janvier 2018.

Disponibilité à Montréal

Références

Illustration: Carl Van Vechten, 1936 (via Wikimédia Commons)

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Violetta Parra https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/11/violetta-parra/ Mon, 11 Dec 2017 06:00:29 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1033 L'œuvre de Violeta Parra, chanteuse, auteure-compositrice, peintre et poétesse tombe dans le domaine public au Canada, à partir du 1er janvier 2018.

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Discipline: musique, chanson, poésie, peinture, tapisserie, céramique

Violeta del Carmen Parra Sandoval (1917-1967) est une chanteuse, auteure-compositrice, peintre, céramiste, artiste de tapisserie en toile de jute et poétesse. Avant de présenter ses multiples talents, allons écouter la voix de cette femme avec sa chanson sans doute la plus connue internationalement, Gracias a la vida. Cette chanson a été reprise, entre autres, par l’Américaine, Joan Baez et l’Argentine, Mercedes Sosa.

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me dio dos luceros, que cuando los abro
Perfecto distingo lo negro del blanco
Y en el alto cielo su fondo estrellad
Y en las multitudes el hombre que yo amo

Merci à la vie qui m’a tant donné
Elle m’a donné deux étoiles et quand je les ouvre
Je distingue parfaitement le noir du blanc
Et en haut du ciel son fond étoilé
Et parmi la multitude l’homme que j’aime

Violetta Parra [domaine public]Violeta Parra naît en 1917 à Malloa au Chili, petite région à majorité rurale. Elle, ainsi que ses neuf frères et soeurs, commencent à travailler très jeunes à cause de la mort précoce de leur père, instituteur rural. D’abord chanteuse de répertoire espagnol, elle enregistre pour la grande compagnie RCA-Victor. Puis, elle découvre, recense et chante la chanson populaire et traditionnelle chilienne qui deviendra la source principale d’inspiration de ses chansons ainsi que de sa production artistique. En plus des campagnes chiliennes, elle parcourt aussi inlassablement le sud du Chili et remet en évidence la culture de la communauté aborigène Mapuche dont elle devient une importante ambassadrice. Selon son fils, le chanteur Angel Parra, elle cherchait à « sauver l’âme populaire condamnée à disparaître à cause du désintérêt national » (Parra, p.72) et sa quête visait à « atteindre le chant sacré populaire » (Parra, p.95). Mais cette quête ne visait pas qu’à récolter les chansons traditionnelles, mais aussi les danses, les légendes, les instruments de musique, les objets d’artisanat local, l’histoire orale non officielle, les rituels, afin de mettre en valeur la culture populaire du pays, l’authentique folklore rural.

Elle devient peu à peu une artiste reconnue dans son pays. En 1954, elle obtient le grand prix national chilien, le prix Caupolican. Elle anime alors un programme quotidien à la radio chilienne où elle présente les musiques, chansons, instruments, danses et légendes du pays. Elle écrit alors beaucoup de poésie en dizains (decimas), forme folklorique très codifiée d’écriture de poésie. Et c’est en decimas qu’elle publie en 1958 le récit de sa vie, Decimas autografía en versos chilenos. Elle s’initie au guitarrón, une guitare à 25 cordes habituellement jouée par les hommes et s’accompagne souvent avec cet instrument dans ses tours de chant. Elle est invitée dans plusieurs universités pour des sessions d’été afin d’exposer ses recherches et chanter. Elle enregistre sur disque certaines des chansons du répertoire traditionnel ainsi que ses propres chansons. En 1955, elle est invitée au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Varsovie. Elle passe alors plus d’un an et demi en Europe et chante à Paris, Londres et s’arrête en Italie. En 1958, elle participe à la mise sur pied du Musée des arts populaires et folklorique, rattaché à l’Université de Conception. L’année suivante, elle rassemble ses recherches et publie Cantos folkloricos chilenos. En 1960, elle fait une tournée du pays, accompagnée de ses deux enfants, Angel et Isabel, qui poursuivront tous les deux une carrière artistique.

C’est au début des années ’60 qu’elle commence à faire des tapisseries, broderies et peintures. Son art visuel, à l’instar de sa production musicale, vise à redresser l’injustice sociale qu’elle dénonce quant à la population aborigène du pays. Elle s’inspire d’événements spécifiques de l’histoire chilienne où les Espagnols sont présentés comme les « méchants» de l’histoire et les Indiens, comme les « bons opprimés » (Dillon, p. 256). Selon Lorna Dillon, toute son œuvre présente une esthétique binaire où les autorités sont dépeintes comme tyranniques et les protestataires comme pacifiques et sans défense (Dillon, p.262). La vision de Parra s’inscrit dans le mouvement de contre-culture des années ’60 et dans le large processus de décolonisation des populations indigènes. En dénonçant les atrocités perpétrées par les autorités politiques par ses chansons et ses images, elle a donné une voix aux opprimés. En 1964, ses travaux font l’objet d’une exposition au Pavillon Marsan du Musée des arts décoratifs du Louvre, à Paris.

Écoutez l’entretien de Violeta Parra avec la journaliste Marie-Magdeleine Brumagne en juillet 1965, où elle explique sa démarche artistique.

De retour au Chili, Violeta Parra ouvre en 1965 un chapiteau dans un quartier un peu éloigné du centre-ville de Santiago, La Carpa de la Reina. Elle souhaite en faire un lieu de création et de diffusion de la culture populaire. Mais cet espace de performance restera ignoré par les artistes chiliens, ce qui la blessera. Après l’abandon de son amoureux durant la même période, elle met fin à ses jours dans ce chapiteau, en février 1967.

Violeta Parra est considérée comme la mère de la « Nouvelle chanson latino-américaine » (Hutchison, p. 371) popularisant le style des « peña », les performances d’une musique folk politisée qu’on a appelé Protest song aux États-Unis et nova canço en Catalogne. Elle a contribué à politiser la culture populaire dans les années ’60 et ’70. Elle a utilisé l’art pour éveiller les consciences et susciter une mobilisation politique. Elle a aussi contribué à mettre de l’avant la musique et le folklore des populations indigènes chiliennes, longtemps ignorés jusque-là.

Violeta Parra a produit une œuvre complexe, nombreuse et variée. Une fondation a été mise sur pied par sa fille Isabel Parra en 1991 afin de préserver sa mémoire et recenser sa production. Un film biographique a été tourné au Chili en 2014 (Wood, Andrés, Francisca Gavilán, et Thomas Durand. Violeta se fue a los cielos. Madrid : Karma films, 2014).

Domaine public

Son œuvre tombe dans le domaine public au Canada, à partir du 1er janvier 2018. En voici, quelques exemples :

  • Parra, Violeta. Décimas: autografía en versos chilenos
  • Parra, Violeta. Cantos folklóricos chilenos.
  • Manns, Patricio, Violeta Parra, and Régine Mellac. Violeta Parra : la guitare indocile : anthologie des chansons de Violeta Parra. Paris: Ed. du Cerf, 1977.
  • Parra, Violeta, and Rosario Mena. Color violeta: obra visual de Violeta Parra. Santiago, Chile: Centro Cultural Palacio La Moneda, 2011.

Références

  • Dillon, Lorna. « The political Dialectic of Violeta Parra’s Art » dans Prout, Ryan et Tilmann Altenberg, éd. Seeing in Spanish: from Don Quixote to Daddy Yankee – 22 Essays on Hispanic Visual Cultures. Cambridge Scholars Publishing, 2011. Pages 252-265.
  • Hutchison, Elizabeth Q, Thomas M. Klubock, Nara B. Milanich, and Peter Winn. The Chile Reader: History, Culture, Politics. , 2014. Pages 371-372.
  • Parra, Angel. Violeta Parra, ma mère. Paris, Écriture, 2011.
  • Vicuña, Cecilia et Ernesto Livon-Grosman, éds. The Oxford Book of Latin American Poetry. Oxford, Oxford University Press, 2010. Page 285.
  • Wikipedia (FR)

Illustration: Violetta Parra [Domaine public] via Wikimedia Commons.

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Edward Hopper https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/10/edward-hopper/ Sun, 10 Dec 2017 13:00:29 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1007 Toute l’œuvre du peintre américain Edward Hopper appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018.

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Discipline: Peinture

Nighthawks, 1906, Edward HopperDevant la modernité de ses peintures, évoquant souvent la vie urbaine de la classe moyenne aux États-Unis, les transformations sociales, la solitude ou encore la mélancolie humaine, il peut être surprenant de réaliser qu’Edward Hopper est né au 19ème siècle (en 1882, à Nyack).

Issu d’une famille modeste de commerçants, d’abord formé au métier d’illustrateur à New York, il fût profondément marqué par ses séjours en Europe entre 1906 et 1910, où il perfectionna sa technique et s’inspira d’abord des impressionnistes. La littérature sera également pour lui une source d’inspiration profonde, à travers les œuvres de Montaigne, Mallarmé, Victor Hugo, Émile Zola, Hemingway ou Thomas Mann.

En 1908, Edward Hopper s’installe définitivement à New York où il travaille malgré lui comme dessinateur publicitaire puis comme illustrateur. À cette époque, il commence parallèlement à exposer quelques-unes de ses peintures dans des expositions collectives, puis réalise ses premières eaux-fortes en 1915. Il se fait connaître un peu plus largement en 1920 grâce à sa première exposition personnelle, au Whitney Studio Club.

Épousant la peintre Josephine Verstille Nivison en 1924, une femme nerveuse bien différente de lui, il en fait néanmoins sa muse et l’unique modèle de l’ensemble de ses œuvres. La carrière de Hopper prend son envol durant cette période et en 1933, le Museum of Modern Art (MoMA) de New York réalise la première rétrospective qui lui est consacrée. En 1939, le peintre fait partie du jury du Carnegie Institute, puis il est élu membre de l’Académie américaine des arts et des lettres en 1945. En 1952, il expose à la Biennale de Venise et reçoit l’année suivante le titre de Doctor of Fine Arts de l’Institut d’art de Chicago.

Essence, Edward Hopper, 1940
Hopper meurt le 15 mai 1967, dans son atelier près de Washington Square, à New York. Sa femme décédera dix mois plus tard, après avoir légué l’œuvre de Hopper au Whitney Museum of American Art. D’autres œuvres importantes se trouvent au MoMA de New York et à l’Institut d’art de Chicago.

Par ailleurs, 4000 documents d’archives d’Edward Hopper (comprenant correspondances, cahiers et photographies personnelles…), ont été donnés en 2017 au Whitney Museum of American Art, par Arthayer R. Sandbord Hopper Collection Trust.

RÉFÉRENCES

DOMAINE PUBLIC

Toute l’œuvre d’Edward Hopper appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018.

ILLUSTRATIONS

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Jean-Charles Harvey https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/09/jean-charles-harvey/ Sat, 09 Dec 2017 06:00:48 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1005 Il disait tout haut ce que le monde pensait tout bas. Son œuvre appartiendra au domaine public le 1er janvier 2018. La mise à l'Index, c'est du passé. :-)

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Disciplines: littérature, journalisme

Jean-Charles HarveyDans la catholique vallée du Saint-Laurent, au début du XXe siècle, Jean-Charles Harvey (1891-1967), journaliste libéral, romancier à thèse et héros de cette notule publie un roman qui tombe rapidement dans la mire de la censure ecclésiastique. Les Demi-civilisés, son deuxième livre, paraît au printemps de 1934. Cette saison est propice aux débordements érotiques, c’est bien connu, tant et si bien que le clergé s’y tient doublement à l’affût. Ceci expliquant peut-être cela, dès sa publication, le livre est mis à l’index.

Promulgué par l’Église au milieu du XVIe siècle, lindex librorum prohibitorium est autant une série de règles de censure qu’une liste d’ouvrages qu’un bon chrétien doit s’abstenir de lire. Et qu’y-a-t-il de plus susceptible de nous donner envie de lire que l’interdiction de nous adonner à ce plaisir? Suite au décret de condamnation du livre par le Cardinal Villeneuve, qui n’en précise pas la raison, tous les exemplaires s’envolent comme des petits pains chauds. Dans une lettre qu’il adresse au poète Alfred DesRochers quelques semaines plus tard, Harvey écrit:

Même au point de vue matériel, mon aventure sera profitable. Dans un an peut-être, je publierai un autre livre. Pas besoin de réclame d’aucune sorte, cette fois. Villeneuve aura été mon meilleur agent de publicité. C’est à lui que je devrai ma plus large part de célébrité.

Harvey déchante peu après, car cette mise à l’index lui coûte son poste de rédacteur en chef du Soleil de Québec. Mais cette célébrité l’accompagnera pour le reste de sa carrière et jusque dans nos livres d’histoire.

Qu’y a-t-il de si répréhensible dans ce livre? Rien de bien croustillant pour nous: une critique de l’étroitesse d’esprit de l’élite politique / religieuse / économique de l’époque et la peinture d’une certaine jeunesse de Québec libérée du corset des conventions, qui multiplie les conquêtes d’un soir et ose s’aimer à l’extérieur des liens du mariage.

« Certains soirs , écrit-il dans un chapitre où l’on apprend que les habitants motorisés de la capitale sont, déjà à cette époque, des amateurs de « parking », les environs de Québec ne sont que d’interminables baisodromes ».

Jugement de Gilles Marcotte : « La plupart de ses romans sont devenus illisibles; mais Les demi-civilisés demeure un des livres-clés de la littérature canadienne-française ».

En 1937, Harvey fonde le journal Le jour, qui sera de tous les combats intellectuels de l’époque. Contre la médiocrité des élites, contre le nationalisme, contre l’antisémitisme, contre Lionel Groulx, contre Adrien Arcand et ses « chemises bleues ». Pour la démocratie, pour une réforme complète du système d’éducation, pour l’accueil des immigrants. Et j’en passe.

En 1945, quelques jours à peine après l’annonce de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il prononce une conférence qui consolide sa réputation de libre-penseur : La peur. Extrait d’anthologie :

De quoi avons-nous peur? Eh bien, nous avons peur de la puissance suprême, de la puissance à laquelle vous pensez tous en ce moment et que personne d’entre vous n’ose nommer. (…) La seule puissance qui, dans cette partie du Canada, fait trembler toute le monde, c’est la puissance cléricale.

Nommer les maux de sa société, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas et être prêt à en payer le prix, voilà qui fait de Harvey une figure importante, voire tout simplement inspirante, de notre histoire intellectuelle. Et assurément l’un des précurseurs du Québec moderne.

Il s’éteint en 1967, non sans avoir vu de son vivant l’abolition de l’index librorum prohibitorium l’année précédente.

Domaine public

Toute l’œuvre de Jean-Charles Harvey appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018. À noter qu’une édition numérique des Demi-civilisées est déjà disponible en libre accès, gracieuseté des Classiques des sciences sociales.

Références

Illustration: Jean-Charles Harvey, les mains sur un exemplaire de l’hebdomadaire Le Jour qu’il a dirigé de 1937 à 1946 [domaine public], auteur anonyme, via Wikipedia.

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Ernesto Guevara https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/08/ernesto-guevara/ Fri, 08 Dec 2017 05:01:10 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1003 Che Guevara était un auteur prolifique qui écrivait son journal ou des notes quotidiennement, même au cœur des opérations de guérilla.

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Disciplines: littérature, politique, révolution

Guerrillero Heroico, 1960 [domaine public], par Alberto KordaErnesto Rafael Guevara est né le 14 juin 1928 dans une famille bourgeoise de Rosario, en Argentine. Rien — à part, peut-être, les ascendances basques[1] et irlandaises de son père 🙂 — ne semblait le prédestiner à devenir le révolutionnaire marxiste et internationaliste à jamais immortalisé dans ce cliché à la renommée désormais planétaire.

Il faut donc chercher l’explication de son destin épique ailleurs. Permettez-moi de me perdre en conjectures. Dans ses passions de jeunesse, d’abord — la lecture et le sport. L’une lui aura sans doute appris à observer, à réfléchir, à raisonner, tandis que l’autre lui aura inculqué le goût de l’effort, du grand air et de la liberté. Pourquoi pas?

Ce qui est certain, c’est que son premier grand voyage le détourna définitivement de ses études de médecine. Au cours de ce périple à moto de plus de 5000 km, de l’Argentine au Vénézuela en passant par le Chili et la Cordillère des Andes, il rédigea son premier carnet de notes de longue haleine, véritable récit initiatique dont voici un court extrait:

« Au moins, je ne m’abreuve pas aux mêmes sources que les touristes et je m’étonne de voir dans les cartes publicitaires de Jujuy, par exemple, l’Autel de la Patrie, la cathédrale où le drapeau national a été béni, le joyau de la chaire et la miraculeuse Vierge de Río Blanco et Paypaya. […] On ne connaît pas un peuple, sa culture et sa façon de vivre là où règne le luxe. Son âme transparait dans les patients des hôpitaux, les prisonniers des commissariats ou ce piéton anxieux avec qui l’on fraternise — tout comme la Grande Rivière dévoile la turbulence et la force de son courant par en-dessous. »
— Traduction libre d’un extrait de Notas de viaje (diarios de motocicleta)[2])

À 23 ans, il découvre ainsi deux réalités — la misère et l’inégalité — et deux émotions — la révolte et la compassion — qui détermineront fortement son engagement révolutionnaire.

Toujours dans ses notes de voyage, Guevara raconte qu’avec son compagnon de route, Alberto Granado, il découvre alors le pouvoir du « Che! » (littéralement: voici) que les Argentins accolent à leur nom pour se présenter[3]. Jugée exotique par les étrangers, cette interjection leur gagne la bienveillance des gens rencontrés sur la route mais elle lui collera en retour à la peau. Le carnet du « petit Che » Guevara et le livre du « grand Che » Granado[4] retraçant ce périple fourniront la matière première du savoureux road movie réalisé par Walter Salles[5] en 2004:

Quant à la fameuse maxime révolutionnaire, « Hasta la victoria siempre! », elle trouve sa source historique dans la lettre d’adieu que Guevara adressa à Fidel Castro avant de quitter Cuba, en 1965, puis de plonger dans la clandestinité[6].

Deux ans plus tard, le Che était exécuté sommairement par l’armée bolivienne. Il avait traversé le ciel de l’histoire comme une étoile filante, laissant derrière lui une longue traînée de mots enflammés dont la braise n’est toujours pas éteinte.

Domaine public

Che Guevara lit le quotidien argentin La Nacìon (1961)Che Guevara était un auteur prolifique qui écrivait son journal ou des notes pour ses ouvrages presque quotidiennement, même au cœur des opérations de guérilla. L’ensemble de ses livres, cahiers de notes et articles originaux en espagnol tomberont dans le domaine public canadien dès le 1er janvier 2018. Ce sera également le cas à Cuba, mais pas en Argentine, où la protection accordée par le droit d’auteur s’étend jusqu’à 70 ans après la disparition de l’auteur[7]. Ce ne sera pas non plus nécessairement le cas des traductions, dont la durée de protection posthume commence à la mort du traducteur, et non à celle de l’auteur original.

Références

Autres sources

  • Article de Wikipedia sur le film Carnets de voyage (2004), tiré du livre Diarios de motocicleta: Notas de viaje por América Latina.

Illustrations

Notes

  1. ⬆Le père d’Ernesto était originaire du village de Gebara, au Pays basque espagnol.
  2. ⬆ Extrait cité dans es.wikipedia.org.
  3. ⬆Voir Che Guevara > Étymologie du nom (Wikipedia) et la critique de Voyage à motocyclette par Anastasia-B (Babelio, 20-11-2012).
  4. ⬆Voir Sur_la_route_avec_Che_Guevara par Alberto Granado (Wikipedia)
  5. ⬆Voir Carnets de voyage (Wikipedia)
  6. ⬆Voir Durée du droit d’auteur par pays (Wikipedial).
  7. ⬆ Lettre d’adieu à Fidel Castro-1965 (WikiSource) et Che Guevara > Clandestinité (Wikipedia).

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Lionel Groulx https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/07/lionel-groulx/ Thu, 07 Dec 2017 06:00:22 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1001 Toute l’œuvre du chanoine Lionel Groulx appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018...

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Discipline: histoire, littérature, radio

Lionel Groulx en 1922 (photo Wikipedia + effet de peinture à l'huile)Lionel Groulx (1878-1967), prêtre catholique, historien, professeur, écrivain et conférencier, est une figure marquante de la vie intellectuelle québécoise de 20e siècle. Premier titulaire de la Chaire d’histoire du Canada de l’Université de Montréal en 1915, il contribue à institutionnaliser l’enseignement et la recherche en histoire en fondant l’Institut d’histoire de l’Amérique française[1] en 1946 et sa revue l’année suivante en 1947. Maître à penser du nationalisme catholique de la première moitié du 20e siècle, il influence plusieurs générations de Québécois notamment par son passage à la direction de la revue L’Action française [2] de Montréal dans les années 1920 et son implication dans l’organisation de mouvements de jeunesse dans les années 1930 et 1940.

Né le 13 janvier 1878 à Vaudreuil, il grandit dans un milieu rural. Son père se nomme Léon Groulx et sa mère Philomène Pilon. Il a déjà une sœur et deux frères au moment de voir le jour. En février 1878, quelque six semaines après sa naissance, son père succombe à la variole, qui a affecté toute la famille. Sa mère Philomène se remarie un an plus tard avec Guillaume Émond et Lionel aura plusieurs demi-frères et demi-sœurs. La maladie s’en prend à nouveau à sa famille en 1882: il perd son frère Julien, sa sœur Angélina et sa demi-sœur Alexandrine, qui ne survivent pas au fléau de la diphtérie. Dix des quinze enfants de Philomène atteindront l’âge adulte.

Après des études primaires à l’École Saint-Michel de Vaudreuil (1884-1890), il complète son cours classique au Séminaire de Sainte-Thérèse (1891-1899). Il entre ensuite dans la prêtrise, déterminé qu’il est à consacrer toute sa vie à l’éducation de la jeunesse. De 1900 à 1915, il est professeur au Collège de Valleyfield, où il enseigne les belles-lettres et la rhétorique. Son enseignement est interrompu de 1906 à 1909, le temps d’un séjour d’études qui le mène à Rome et à Fribourg. Il revient d’Europe avec un doctorat en philosophie et un autre en théologie.

En 1915, il inaugure la Chaire d’histoire du Canada de l’Université de Montréal. Il sera le titulaire de cette chaire jusqu’en 1949. De 1915 à 1920, il enseigne également l’histoire générale et l’histoire du commerce et de l’industrie à l’École des hautes études commerciales de Montréal. Durant toute sa carrière, il donne de nombreuses conférences au Canada, aux États-Unis et en France et effectue plusieurs voyages de recherche, notamment dans les archives de Londres et de Paris. Il fonde l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF) en 1946 et l’année suivante paraît le premier numéro de la Revue d’histoire de l’Amérique française[3], nouvelle publication savante qu’il dirige durant 20 ans.

Parallèlement à son métier de professeur et d’historien, Groulx est très actif dans la vie intellectuelle québécoise, notamment à titre de directeur de la revue L’Action française de Montréal de 1920 à 1928. Par sa parole directe lors de conférences et de causeries, sa correspondance active, ses articles dans les journaux et les revues, ses essais, ses romans et ses nombreuses brochures, il s’impose durant plusieurs décennies comme un penseur incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’avenir du peuple canadien-français. Ne pouvant s’impliquer directement en politique en sa qualité de prêtre, il intervient dans les affaires publiques grâce à l’influence qu’il exerce sur les mouvements de jeunesse qu’il contribue à fonder, en particulier les Jeune-Canada[4] dans les années 1930 et les Jeunesses laurentiennes[5] dans les années 1940.

Plusieurs décennies d’engagement intellectuel ne manquent pas de l’associer à de nombreuses controverses: il fait beaucoup de disciples et autant d’adversaires. Les controverses — tantôt scientifiques, tantôt politiques — qu’il suscite ou dans lesquelles il est entraîné lui survivront, comme en témoignent les nombreuses études qui portent directement ou indirectement sur sa vie et son œuvre.

Soucieux de pérenniser l’enseignement et la recherche universitaire en histoire du Québec, du Canada et de l’Amérique française, des amis proches l’aident à mettre sur pied en 1956 la Fondation Lionel-Groulx[6], qui soutiendra l’IHAF dans sa mission.

Sur le point de prendre sa retraite de l’Université de Montréal en 1949, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal l’invite à donner un cours d’histoire du Canada à la radio de CKAC. L’historien septuagénaire accepte et, de décembre 1949 jusqu’en 1952, il donne chaque semaine une leçon d’histoire d’environ 15 minutes, pour un total de 100 leçons. C’est une version remaniée du texte rédigé pour ce grand projet radiophonique qui paraît en quatre tomes sous le titre d’Histoire du Canada français [7] (L’Action nationale, 1950-1952).

Il décède le 23 mai 1967, jour du lancement de son dernier livre : Constantes de vie. Il reçoit des funérailles nationales.

Domaine public

Toute l’œuvre de Lionel Groulx appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018. La succession de Lionel Groulx, qui détient les droits sur l’œuvre, n’a cependant pas attendu cette date pour la diffuser en libre accès. Dès 2011, elle autorisait la Fondation Lionel-Groulx et BAnQ à réaliser le projet de numériser et de diffuser toute l’œuvre écrite du prêtre-historien. Ainsi c’est depuis 2012 que l’on peut télécharger plus de 90 livres et brochures de Lionel Groulx à partir des sites Web des deux institutions:

  • L’oeuvre de Lionel Groulx (Fondation Lionel-Groulx)
  • Catalogue Iris* (BAnQ)
    * Pour obtenir la liste complète des documents numérisés dans le catalogue Iris de BAnQ, cliquez sur le bouton « Recherche avancée« , entrez « Groulx, Lionel, 1878-1967 » dans le champ « Auteur« , cochez la case « Livres numériques« , puis cliquez sur le bouton « Chercher« .

Par ailleurs, en 2017 la Fondation Lionel-Groulx et BAnQ annonçaient la disponibilité, dans Wikimedia Commons, des enregistrements sonores du cours d’histoire du Canada donné par Lionel Groulx à CKAC de 1949 à 1952.

Références

Illustration: adaptation de Le chanoine Lionel Groulx à son bureau à l’hôtel Jean Bart, à Paris, le 1er mars 1922. Auteur: inconnu (via Wikipedia).

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆ Voir Wikipedia: Institut d’histoire de l’Amérique française.
  2. ⬆ Voir Wikipedia: L’Action française (mensuel).
  3. ⬆ Voir Wikipedia: Revue d’histoire de l’Amérique française
  4. ⬆ Voir Wikipedia: Jeune-Canada
  5. ⬆ Voir l’Encyclopédie canadienne: Jeunesses laurentiennes.
  6. ⬆ Voir Wikipedia: Fondation Lionel-Groulx.
  7. ⬆ Voir Fondation Lionel-Groulx: Histoire du Canada français

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Oskar Fischinger https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/06/oskar-fishinger/ Wed, 06 Dec 2017 05:00:40 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=999 Oskar Fischinger a exploré tout au long de sa carrière le lien entre son et images. Il est décédé le 31 janvier 1967 à Los Angeles.

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Discipline[s]: cinéma, animation, peinture

Optical Poem (1937)Peintre et cinéaste d’animation avant-gardiste, passionné de musique et d’arts graphiques, Oskar Fischinger a exploré tout au long de sa carrière le lien entre son et images. Ses films non-figuratifs montrent tantôt des formes et couleurs épousant le rythme de la musique, tantôt des ondes sonores dessinées à même la pellicule et interprétées comme la piste audio d’un film.

Né le 22 juin 1900 à Gelnhausen (Allemagne), c’est dans les années 20, après avoir étudié la musique, qu’Oskar Fischinger réalise ses premières expérimentations cinématographiques : ainsi dans Wax Experiments (1921 – 1926), il utilise d’imposants blocs de cire colorée et photographie image par image leur découpe en fines tranches. Collaborant avec Fritz Lang pour la réalisation des effets spéciaux du film La femme sur la lune, en 1929, il se consacre ensuite à la réalisation de Studies, une série de dix-sept animations au fusain qui lient avec virtuosité image et musique populaire et classique, et dont certains droits seront rachetés par Universal Pictures.

En 1932, il se lance dans la création de véritables « peintures sonores », en photographiant directement des ondes sonores dessinées ou peintes préalablement sur la piste optique des pellicules films. Il appellera cette technique « Licht Musik » (La musique de la lumière). Son court-métrage expérimental Ornements sonores (1932), commence ainsi: « Vous entendez ce que vous voyez, vous voyez ce que vous entendez ». L’image fait apparaître en effet le dessin de l’onde sonore qui est entendue en parallèle.

« La moindre nuance est à la portée du peintre musical, qui se concentre exclusivement sur le fondement primaire de la musique, c’est à dire l’onde- la vibration ou l’oscillation elle-même et en elle-même. A travers ce processus surgissent de nouvelles perceptions jusqu’alors ignorées ou négligées. Des possibilités qui sont décisives pour tout créateur musical authentique et profondément impliqué ; par exemple, des nuances précises où les timbres caractéristiques de certaines voix ou de certains instruments peuvent être fidèlement reproduits à travers ces dessins, ces motifs sonores. Ou encore la possibilité de profiler, en les synchronisant, les ondes sonores de manière exactes, courbe après courbe de manière à ce que leurs centre coïncident parfaitement ».
Oskar Fischinger, Deutsche Allgemeine Zeitung, 8 juillet 1932, traduit en français par le CRDP/Académie de Créteil [Pdf].

Avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Fischinger voit toutefois ses films classés au titre d’œuvres dégénérées et se tourne alors vers la publicité pour réaliser notamment en 1934 le film Murrati Gets in the Act, véritable chorégraphie de cigarettes de la marque Muratti, qui s’animent et se mettent à danser. Il aura tout juste le temps de terminer en 1935 son film abstrait Komposition in Blau, bien reçu par la critique, avant de quitter l’Allemagne pour les États-Unis en février 1936.

Oskar FischingerÀ Hollywood cependant, les projets qu’il prévoyait de mener avec Ernst Lubitsch au sein de la Paramount ne peuvent finalement se concrétiser. Sans le sou dans un pays dont il ne parle quasiment pas la langue, il travaille alors brièvement à la MGM et y réalise Optical Poem (1937), assisté de John Cage, puis contribue à une séquence de Fantasia pour le compte de Disney. Sa rencontre avec Hilla de Rebay, peintre et fondatrice du musée Guggenheim, lui permettra d’obtenir un soutien financier pour réaliser certains des films les plus populaires de l’époque : Allegretto (1940), ou encore Motion Painting n°1 (1947), qui sera primé au Festival International du Film Expérimental de Bruxelles.

Durant les vingt dernières années de sa vie, Oskar Fischinger se remit à la peinture et ne réalisa plus de films à l’exception de quelques expérimentations. Il est décédé le 31 janvier 1967 à Los Angeles.

RÉFÉRENCES :

  • Wikipédia (fr)
  • Artwork by Oskar Fischinger, Guggenheim.org
  • Esther Leslie, Where abstraction and comics collide, Tate Etc. issue 7: Summer 2006, Tate.org.uk
  • Oskar Fischinger, Sonore-Visuel
  • André Martin, Pourquoi il faut voir, revoir et revoir encore les films de Oskar Fischinger, Festival international du cinéma d’animation, Ottawa, 1976.
  • Philippe Langlois et Leonardo/Olats, Oskar Fischinger, février 2001, olats.org

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Suzanne-Marie Durand https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/05/suzanne-marie-durand/ Tue, 05 Dec 2017 05:02:55 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=997 Professeure et philosophe d’origine française, Suzanne-Marie Durand consacra trois ouvrages aux réalités canadiennes en éducation..

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Disciplines: pédagogie, philosophie

Suzanne-Marie Durand (par Léa-Kim Chateauneuf)Professeure, auteure, philosophe et conférencière d’origine française née en 1899. En 1924, elle fonda l’Œuvre des Frères et Sœurs de Saint-Jean avec Vladimir Ghika puis se dirigea vers l’enseignement et la pédagogie. Au cours des années 1940, elle entreprend avec des collègues enseignantes de grandes expériences pédagogiques féminines dans des Centres de Jeunesse en France. Ces nouvelles méthodes pédagogiques visaient à améliorer l’apport culturel dans l’apprentissage des jeunes filles en s’assurant qu’un apprentissage technique ne soit pas seulement basé sur le savoir-faire, mais aussi sur le savoir-penser.

Dans un récit autobiographique, La corde raide: mon journal des temps difficiles, Durand relate ses aventures lors de l’invasion et de l’occupation de la France par les Allemands à Limoges et Paris entre 1943 et 1945. Elle était alors déléguée des Moissons Nouvelles, un organisme dédié à la formation professionnelle fondé par la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC).

Bien que travaillant surtout en France, Suzanne-Marie Durand s’est aussi intéressé à ce qui se passait au Québec avec l’éducation des jeunes filles. Elle s’intéressa particulièrement aux Instituts Familiaux, des écoles où l’ont « dispense aux jeunes filles âgées de 16 à 20 ans une formation intégrale typiquement féminine, et qui s’adresse à tout l’être, l’âme, l’esprit, le cœur, le corps, dans une ambiance non seulement spiritualiste, mais chrétienne à cent pour cent ». Elle consacra trois ouvrages aux réalités canadiennes en éducation.

Au printemps 1957, elle vint faire une tournée au Québec afin d’y présenter, en collaboration avec les Instituts familiaux, une série de conférences portant sur l’éducation féminine. Elle était alors Directrice pédagogique de « Carrières féminines sociales » à Paris et déléguée du gouvernement français au Proche Orient. Elle venait d’ailleurs de terminer une mission culturelle au Liban et en Jordanie.

Au début des années 1960, elle revient au Québec afin de donner des conférences portant sur la « connexion entre féminité et formation religieuse des jeunes femmes ». À l’époque, elle s’inquiète de l’évolution des jeunes filles à une époque où les aspirations et les rôles étaient en plein bouleversement. La perte des valeurs familiales et des rôles propres à la femme sont des sujets qui la préoccupent vraisemblablement. Préoccupations qu’elle exprime à de nombreuses reprises dans son ouvrage de 1961, Féminité et formation chrétienne :

« La jeune fille d’aujourd’hui, trop souvent masculinisée par les études ou le travail, apparaît souvent comme une femme déformée et tronquée. Ses immenses virtualités ne sont pas mises à jour ; au lieu d’être actualisées normalement, harmonieusement, elles s’atrophient. Et nous voyons une jeunesse hardie, durcie, garçonnière qui, souvent, n’ayant plus conservé les grâces de la féminité, cultive en compensation une sexualité brutale sur laquelle mieux vaut ne pas insister ici ». p.29

La perte de croyance, la sécularisation de l’État et de l’enseignement et le terreau fertile qui préparait la jeunesse à Mai 68 en France et à la Révolution tranquille au Québec faisaient en sorte que la jeunesse du début des années 1960 semblait se diriger vers sa perte selon Durand. Toujours dans Féminité et formation chrétienne, elle lance un avertissement, la jeunesse est en danger :

« Comment annoncer la Bonne Nouvelle, comment, par exemple, supposer que pourront être entendues et vécues les béatitudes évangéliques à qui est convaincu, pratiquement, que l’idéal de la vie humaine est liberté sans frein, exhibition de soi, laisser-aller dans le confort et la jouissance, poursuite effrénée de l’argent ? … La Parole de Dieu n’a pas plus d’adhérence à une telle mentalité que le ciment coulé sur du bois, ou qu’une greffe vivante insérée dans un arbre mort où ne circule aucune sève. » p.121

La jeunesse de l’après-guerre, la génération des baby boomers, n’aura certes pas évolué comme l’aurait voulu Suzanne-Marie Durand. Les jeunes femmes se sont, en grande partie, libérées des rôles traditionnels et contraignants liés aux tâches domestiques et aux rôles d’une « bonne épouse » et on ne s’en plaindra pas!

Domaine public

Toute l’œuvre de Suzanne-Marie Durand appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018.

  • Durand, S.-M. (1945). Humanités ouvrières et culture féminine : expériences et plans de travail. Paris: Spes.
  • Durand, S.-M. (1949). Éducation féminine : chemins nouveaux. Paris: L’Auteur.
  • Durand, S.-M. (1951). La corde raide : mon journal des temps difficiles. Paris: Les Cahiers du nouvel humanisme.
  • Durand, S.-M. (1956). Mes amis de Saint-Cézaire. Histoires véridiques du pays du soleil. Paris: Librairie des Saints-Pères.
  • Durand, S.-M. (1957). Enseignement concentrique : éducation vitale. Paris: Casterman.
  • Durand, S.-M. (1957). Canadiens, mes amis! Québec: Éditions du Pélican.
  • Durand, S.-M. (1958). Éducation féminine intégrale au Canada : les instituts familiaux. Bruxelles: Centre international d’études de la formation religieuse.
  • Durand, S.-M. (1958). Les Instituts familiaux canadiens : une merveilleuse réussite internationale. Québec.
  • Durand, S.-M. (1959). Vie. Choix de textes. Paris: Casterman.
  • Durand, S.-M. (1961). Féminité et formation chrétienne. Québec: Éditions du Pélican.
  • Durand, S.-M. (1961). Pour ou contre l’éducation nouvelle? : essai de synthèse pédagogique. Québec: Éditions du Pélican.
  • Durand, S.-M. (1962). Vladimir Ghika, prince et berger : souvenirs vécus : Roumanie-Auberive. Tournai: Casterman.

Références

Illustration: Lëa-Kim Châteauneuf

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Léo-Paul Desrosiers https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/04/leo-paul-desrosiers/ https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/04/leo-paul-desrosiers/#comments Mon, 04 Dec 2017 12:00:52 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=995 Écrivain majeur de la première moitié du XXe siècle québécois, Léo-Paul Desrosiers (1896-1967) est l’auteur d’une œuvre qui incarne et déborde son époque.

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Disciplines: littérature, histoire, journalisme, bibliothéconomie

Léo-Paul DesrosiersÉcrivain majeur de la première moitié du XXe siècle québécois, Léo-Paul Desrosiers (1896-1967) est l’auteur d’une œuvre qui incarne et déborde son époque. Romans, nouvelles, essais historiques, Desrosiers a tâté divers genres littéraires pour explorer son obsession: l’histoire du Canada français. Il signe aussi quantité d’articles dans les revues et les journaux – dont plus de 1800 textes pour Le Devoir entre 1920 et 1927. Admirateur de Maurice Duplessis, disciple du chanoine Groulx, chantre de l’idéologie agriculturiste, romancier de la terre à la plume trempée dans l’eau bénite, il a tout pour nous déplaire. Et pourtant. Regardons-y de plus près.

Premier auteur québécois à être publié dans la fameuse collection « blanche » de Gallimard avec Les engagés du Grand Portage (1938), il accède dès lors à la reconnaissance du grand public. Ce roman psychologique à la langue riche et précise, qui s’appuie sur de solides connaissances historiques (la traite des fourrures dans les Pays-d’en-Haut au début XIXe siècle), a de quoi séduire la France: des Amérindiens, des coureurs des bois, une enfilade de péripéties dans la vastitude d’un continent sauvage et inhospitalier. Le livre est également un succès de librairie de ce côté-ci de l’Atlantique. Et, privilège réservé à une poignée d’élus dans notre histoire littéraire, il est constamment réédité. La dernière sortie a d’ailleurs eu lieu chez Fides plus tôt cette année.

Ce roman a toutefois relégué dans l’ombre tous les autres, dont L’ampoule d’or (1951), le véritable « sommet » de son œuvre romanesque aux dires de Julia Richer, sa biographe[1]. On le lira, entre autres, pour savourer certaines des plus belles pages de notre littérature consacrées à la nature gaspésienne. Le critique Pierre de Grandpré, quant à lui, avance que son meilleur livre est « peut-être » Les opiniâtres (1941), qui raconte la vie d’un défricheur en Nouvelle-France, dans la colonie des Trois-Rivières[2]. Quand les spécialistes divergent sur l’ouvrage qui compte, voilà probablement le signe de plusieurs choses : a) une œuvre forte b) la subjectivité du goût c) le ridicule des classements d) toutes ces réponses. Je serais, pour ma part, tenté de plonger dans Nord-Sud, où le protagoniste, paysan des années 1840, quitte son patelin miséreux pour tenter sa chance en Californie, là où la ruée vers l’or est susceptible d’enrichir son homme.

Complétons cette brève incursion dans son œuvre littéraire par quelques remarques sur ses écrits historiques. Biographe de Lord Durham, Paul de Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Le Ber, Marguerite Bourgeoys, Desrosiers produit également une monumentale histoire du pays des Iroquois au temps de la Nouvelle-France, Iroquoisie (1947). Le premier tome ne se vendant pas, les autres ne seront publiés qu’à titre posthume. Le livre paraît au complet pour la première fois en 1998 aux éditions du Septentrion. Dans sa présentation de l’ouvrage, l’historien Alain Beaulieu explique ainsi son infortune initiale:

Nous ne connaissons pas les motivations profondes qui incitent Desrosiers à consacrer aux Iroquois une étude historique aussi fouillée, mais il est à peu près certain que son travail dut paraître excentrique à ses contemporains. À une époque où les historiens canadiens-français s’évertuaient à trouver des héros dans l’histoire de la Nouvelle-France, quitte à en inventer de toutes pièces, Desrosiers s’intéressait à des « Sauvages » qui, de surcroît, étaient considérés comme les ennemis jurés de la Nouvelle-France[3].

En somme, il n’éclaire pas le passé de la manière qui convient à son époque. Toujours selon Beaulieu, grâce à cet ouvrage de plus de mille pages, Desrosiers peut à bon droit être considéré comme « l’un des précurseurs de l’histoire amérindienne au Québec ».

Journaliste, écrivain, historien, voilà qui devrait faire le tour du personnage. Eh bien non, justement. La plupart des textes que j’ai lus à son propos, à quelques exceptions près, s’en tiennent à ces titres. Par déformation professionnelle, je me permets de signaler un « oubli » : Léo-Paul Desrosiers, bibliothécaire. Car Desrosiers a œuvré en tant que conservateur de la Bibliothèque municipale de Montréal de 1941 à 1953, une douzaine d’années qui ont laissé une marque profonde sur la lecture publique dans notre métropole. Qui voudrait en savoir davantage se tournera vers la sous-section que j’ai ajoutée à son article dans l’encyclopédie collaborative Wikipédia.

Domaine public

Toute l’œuvre de Léo-Paul Desrosiers appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018.

Références

Illustration: Photo André Larose / Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Livres et auteurs québécois (C14), Ph30-D13.

Notes et sources complémentaires

  1. ⬆ Julia Richer, Léo-Paul Desrosiers, Fides, Coll. Écrivains canadiens de toujours, 1966, p. 26
  2. ⬆ Pierre De Grandpré, Histoire de la littérature française du Québec, tome II, Beauchemin, 1971, p. 269
  3. ⬆ Alain Beaulien, Introduction de L’Iroquoisie de Léo-Paul Desrosiers, tome I, Septentrion, 1998, p. xii

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https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/04/leo-paul-desrosiers/feed/ 1
John Coltrane https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/03/john-coltrane/ Sun, 03 Dec 2017 05:30:23 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1306 Les partitions des compositions de Coltrane seront dans le domaine public canadien à partir du 1er janvier 2018.

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Trane - Illustration originale Jean-Pierre Marquis
Illustration originale par Jean-Pierre Marquis

Disciplines: jazz, musique

John Coltrane (parfois surnommé « Trane ») est un saxophoniste de jazz, compositeur et chef de formation américain, né à Hamlet en Caroline du Nord le 23 septembre 1926 et mort à Long Island, État de New York, le 17 juillet 1967.

Il est, après Charlie Parker dans les années 1940 et 1950, considéré comme le saxophoniste le plus révolutionnaire et le plus influent de l’histoire du jazz, meneur du courant avant-gardiste dans les années 1960, et l’un des artistes les plus importants de la musique de la deuxième moitié du XXe siècle.

Coltrane a toujours cherché à se dépasser sur tous les plans : technique, en explorant de nouveaux modes d’expression, cherchant de nouvelles sonorités, de nouveaux timbres et de nouvelles façons d’étendre la tessiture et la dynamique du saxophone ; stylistique, parvenant à élargir les horizons du développement thématique et harmonique de cet instrument en combinant l’improvisation à la chaleur du timbre, à la dynamique et au rythme ; personnel en concevant sa musique comme une quête spirituelle.

(John Coltrane, Wikipédia)

Domaine public

Les partitions des compositions de Coltrane seront dans le domaine public canadien à partir du 1er janvier 2018.

Références

  • Le cas Coltrane. Alain Gerber. Marseille. Éditions Parenthèses, 1985, 2004.
  • Tombeau de John Coltrane. Xavier Daverat. Marseille. Éditions Parenthèses, 2012.
  • John Coltrane, la musique sans raison. Michel Arcens. Céret. Alter Ego, 2012.
  • John Coltrane. Wikipedia (FR).
  • John Coltrane. John Coltrane Foundation.
  • John Coltrane. Article sur France Musique.
  • John Coltrane, l’apprenti-sorcier du jazz. Conférence de Jean-Philippe Domecq, musicologue et écrivain. France Culture.
  • Giant Steps (album de John Coltrane). Wikipedia (FR).
  • A Love Supreme. Wikipedia (FR).
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    ]]> Robert Charbonneau https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/02/robert-charbonneau/ https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/02/robert-charbonneau/#comments Sat, 02 Dec 2017 05:00:52 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=991 L’œuvre littéraire de Robert Charbonneau (1911-1967) tombera dans le domaine public le 1er janvier 2018.

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    Discipline: littérature

    Robert Charbonneau (1944) - http://tlmv.ca/addpsrc001Il est rassurant de constater que Robert Charbonneau n’est pas complètement tombé dans l’oubli. La preuve : le plus récent prêt, à la bibliothèque où je travaille, remonte à 2017 et c’était pour La France et nous : journal d’une querelle. Né en 1922 dans un milieu ouvrier et mort en 1967, il aura touché à tous les aspects de la carrière des lettres, et ce dans une vie relativement courte, 56 ans.

    De l’homme, on retient qu’il était réservé, solitaire, tourmenté. Ne dit-il pas dans son Journal : « Je suis né angoissé ».  Profondément croyant, il avait soif d’absolu comme bien des jeunes issus des collèges classiques de son époque.

    L’homme de lettres marque son époque, celle des années précédant la Seconde Guerre jusqu’à la Révolution tranquille. Avec Paul Beaulieu, il fonde la Relève en 1934, qui deviendra plus tard la Nouvelle Relève. Sa mission: « jouer un rôle social en rendant pour sa part dans le monde la primauté au spirituel ». Charbonneau rallie des confrères du collège Sainte-Marie, son alma mater, dont Hector de Saint-Denys Garneau, Jean Le Moyne et Robert Élie. Revue d’influence catholique, avec Maritain et Mounier comme modèles, on y traite de littérature, d’arts, de spiritualité, de politique et de société. L’engagement est davantage spirituel et ne prône aucune appartenance à un parti politique.

    En 1940, la France est occupée et les livres français sont introuvables. On voit la création de maisons d’édition québécoises qui prennent la relève en éditant et diffusant les auteurs français. C’est dans ce contexte que Claude Hurtubise et lui fondent les Éditions de l’Arbre en 1941, une aventure qui se termine en même temps que la Nouvelle Relève, en 1948. La devise de la maison : « Des œuvres de la plus haute qualité, des livres dont l’intérêt dépasse l’actualité ». Nommé directeur littéraire, Charbonneau accorde une bonne place aux auteurs d’ici, des débutants pour la plupart, tout en publiant des auteurs français contemporains et classiques. C’est aux Éditions de l’Arbre qu’Anne Hébert est publiée pour la première fois avec Les songes en équilibre. On retrouve aussi les jeunes Roger Lemelin et Yves Thériault ainsi que Rex Desmarchais et Berthelot Brunet. La fin de l’Arbre est marquée par une polémique avec des écrivains français : Charbonneau affirme l’autonomie de la littérature canadienne-française face à celle de la France, la comparant à un arbre plutôt qu’une simple branche de l’arbre qu’est la littérature française.

    Parallèlement, il doit gagner sa vie car la Relève est un travail bénévole. Journaliste, il commence à la Patrie, en 1936, en traduisant des dépêches. Il gravit les échelons pour devenir directeur de l’information à la Presse, treize ans plus tard. Ce milieu qu’il connaît bien, il en fera la toile de fond de son roman Aucune créature, publié en 1961.

    Nommé directeur du Service des textes de Radio-Canada en 1955, il maintient son engagement au service d’une littérature canadienne-française libre et authentique. On lui doit d’avoir encouragé Roger Lemelin à transformer son roman les Plouffe en feuilleton radiophonique, avec le succès que l’on sait.

    Fait rare à l’époque, Charbonneau a d’abord réfléchi à l’écriture romanesque avant d’écrire son premier roman. Ces essais, publiés dans la Relève, ont plus tard été regroupés sous le titre de Connaissance du personnage. Pionnier du roman psychologique, l’auteur s’efface devant le personnage, souvent tourmenté, qui s’exprime par un monologue intérieur. L’intrigue, réduite, laisse la place aux conflits moraux, doutes et questionnements. Il aime aussi mettre en scène le monde des lettres : on rencontre un écrivain en herbe dans Fontile et un autre avec une solide réputation dans Aucune créature. D’autres personnages discutent de littérature, publient dans des revues d’avant-garde des poèmes incompréhensibles (Fontile), font des constats comme « tu es absent de ton œuvre » (Aucune créature), trouvent refuge dans les livres (Aucun chemin n’est sûr…), fondent une revue semblable à la Relève (Chronique de l’âge amer). Reconnu de son vivant, ses romans sont primés par les prix David et Duvernay. Il reçoit la médaille Chauveau de la Société royale du Canada.

    Il est de la fondation de l’Académie canadienne-française et il y assume des postes de direction. On fera appel à lui pour d’autres fonctions d’importance à la Société des éditeurs et à la Société des écrivains canadiens. C’est dire que son expérience et ses connaissances ont servi au développement de nos institutions culturelles naissantes.

    Où trouver les œuvres de Robert Charbonneau aujourd’hui ? Deux titres en réédition sont encore disponibles sur le marché. Pour les autres, on se tourne vers les librairies d’occasion ou les bibliothèques. Et si la chance nous sourit, on met la main sur l’édition originale d’Ils posséderont la terre imprimée sur papier vergé « Byronic », publié en 1941 aux Éditions de l’Arbre. Pourquoi se priver d’un tel plaisir ? L’éditeur qu’était Robert Charbonneau, attentif à toutes les étapes de la fabrication de ses livres, aurait acquiescé. Et, qui sait, ses œuvres auront peut-être une nouvelle vie grâce au web : à compter du 1 janvier 2018, elles tombent dans le domaine public.

    Sources

    • Ducrocq-Poirier, Madeleine. (1972).  Robert Charbonneau. Montréal : Fides.
    • Ducrocq-Poirier, Madeleine. (1971).  Robert Charbonneau. Liberté, 13(2).  136-141.
    • Groupe de recherche sur l’édition littéraire au Québec. (1991). Éditeurs transatlantiques. Sherbrooke : Ex Libris.
    • Thério, Adrien.  (1986).  En hommage à Robert Charbonneau / Les Écrits du Canada français, no 57.  Lettres québécoises, 43(automne), 40-41.

    Référence

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    https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/02/robert-charbonneau/feed/ 3
    Geneviève Aclocque https://aventdudomainepublic.ca/2017/12/01/genevieve-aclocque/ Fri, 01 Dec 2017 05:01:44 +0000 http://aventdudomainepublic.ca/?p=1074 Geneviève Acloque fut la première femme française diplômée de l'école nationale des chartes. Elle est l'auteur de quatre ouvrages d'histoire.

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    Discipline: histoire

    Geneviève Aclocque, historienneNée à Lyon (France) le 5 mai 1884, Geneviève Léopoldine Marcelle Aclocque, future vicomtesse de Croÿ, est la première fille de Gratien Fernand Aclocque, un ingénieur militaire et chef d’escadron d’artillerie qui décédera en 1897. Sa mère, Blanche Duchanoy[1], est elle-même fille d’un ingénieur en chef des Mines. Geneviève a également une sœur, Suzanne, sa cadette de deux ans.

    En 1906, elle se présente au concours d’entrée à l’École nationale des chartes[2], une grande école française spécialisée dans la formation aux sciences auxiliaires de l’histoire. Elle se classe quatrième sur les vingt candidats reçus. Quatre ans plus tard, est la première femme française diplômée de l’École des chartes[3] à titre d’archiviste paléographe[4], ce qui lui confère une certaine renommée. Elle devient en effet un symbole des nouvelles possibilités offertes aux femmes et c’est ainsi qu’on peut lire, dans le journal Le Radical [5] du 12 novembre 1906, ceci:

    « Le public qui constate qu’en dépit des difficultés accumulées devant elles les femmes… en la personne de Mlle Acloque [sic], arrivée quatrième à l’École des Chartes, sur vingt élèves admis; le public ne peut plus croire à l’infériorité du sexe féminin. Alors ! Qu’attend-on pour faire, des équivalentes des hommes, leurs égales devant la loi? »

    Elle n’entreprend cependant pas de carrière. En mars 1913[6], à Paris, elle épouse Louis de Laire, vicomte d’Espagny, qui lui donne une petite fille, Louise[7], puis meurt le 5 mars 1914 au château de La Grye, à Ambierle (Loire), à l’âge de 33 ans. C’est donc en secondes noces qu’elle épousera le vicomte de Croÿ, André Marie Joseph de Crouy-Chanel dit Joseph de Croÿ[8], de 13 ans son aîné. Ce chevalier de l’ordre de Malte est également archiviste paléographe et historien.

    Poursuivant ses recherches historiques pour le plaisir, elle reçoit des prix et distinctions, dont la deuxième médaille du concours des Antiquités de la France à l’Académie des inscriptions et belles-lettres[9] en 1917. Elle est promue officier d’Académie[10] en 1929 et appartient à des sociétés savantes telles que la Société de l’École des chartes[11] et la Société de l’histoire de France[12].

    Geneviève Aclocque meurt le 28 août 1967 à Saint-Antoine-du-Rocher (Indre-et-Loire).

    Références

     Domaine public

    Toute l’œuvre de Geneviève Aclocque appartiendra au domaine public dès le 1er janvier 2018.

    Notes et liens complémentaires

    1. ⬆ Voir la fiche de Blanche Duchanoy sur Geneanet.
    2. ⬆ Voir l’article École nationale des chartes (Wikipedia).
    3. ⬆ Voir Une Histoire de L’Archivistique, par Paul Delsalle (page 230).
    4. ⬆ Le diplôme d’archiviste paléographe sanctionne une formation dans des disciplines aussi diverses que l’histoire de l’art, la paléographie et la diplomatique, l’histoire des manuscrits et du livre, l’histoire du droit, le latin, la philologie romane, l’archivistique, l’archéologie, etc. (in Chartiste :: Diplôme d’archiviste paléographe, Wikipedia).
    5. ⬆ Le Radical (Wikipedia).
    6. ⬆ Détails généalogiques publiés sur la page consacrée à André Marie Joseph de Croÿ du site Histoire et généalogie de l’illustre famille de Croÿ.
    7. ⬆ Voir la fiche de Louise de Laire d’Espagny sur Geneanet.
    8. ⬆ Académie des inscriptions et belles-lettres (Wikipedia).
    9. ⬆ officier d’Académie (Wikipedia).
    10. ⬆ Société de l’École des chartes (Wikipedia).
    11. ⬆ Société de l’histoire de France (Wikipedia).

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