Arthur Maheux

Notule colligée par

Disciplines: religion, éducation, histoire

Arthur Maheux en 1947 (auteur: inconnu)Arthur Maheux naît à Sainte-Julie de Mégantic en 1884, un milieu rural. Il fait des études à l’Université Laval où il obtient un doctorat en théologie en 1908.

Ordonné prêtre la même année, il enseigne au Séminaire de Québec avant d’être envoyé à Paris en 1914 afin de parfaire ses études. Il obtient un diplôme supérieur en philologie de l’École des hautes études en 1917.

De retour au Québec, il entreprend une carrière très active à titre d’enseignant et d’administrateur au Séminaire de Québec ainsi qu’à l’Université Laval. Travailleur acharné, il occupe parfois simultanément plusieurs postes administratifs dans les deux institutions. Il participe à la création du Département d’histoire de l’Université Laval. Il sera l’archiviste du Séminaire de Québec de 1938 jusqu’à quelques mois avant sa mort en 1967.

L’abbé Maheux a écrit de très nombreux articles dans les journaux et revues ainsi que quelques essais et biographies. À titre d’historien, il a donné plusieurs conférences sur l’histoire du Canada et participé à de nombreuses causeries à la radio. Promoteur de l’identité canadienne-française au pays, il défend la qualité de la langue française. Mais on retient surtout de lui sa position sur l’unité canadienne et sa défense de la bonne entente entre francophones et anglophones. Cette position de Maheux est à l’origine de la controverse intellectuelle qui l’a opposé, durant les années ’40, au chanoine Lionel Groulx.

Durant la 2e guerre mondiale, l’abbé Maheux s’était montré favorable au bilinguisme et il défendait l’idée d’un manuel unique d’histoire du Canada qui présenterait les points de convergence entre les deux groupes nationaux dans le but de promouvoir l’unité du pays. En 1943, il publie un essai intitulé Pourquoi sommes-nous divisés? où il présente les facteurs qui ont nui à l’unité nationale. Le chanoine Lionel Groulx répliquera peu après en publiant Pourquoi nous sommes divisés, essai dans lequel il détruit la thèse de « bon-ententisme de Maheux ». « Entre le Canada français et le Canada anglais, il y avait, selon lui, différences fondamentales de foi, de langue, de droit, de traditions et de philosophie de vie de sorte qu’il ne leur serait jamais possible de  penser, sentir, réagir, de même façon ». (Dorais).

Ces différentes interprétations donneront naissance, dans les années ’50 et ’60, à deux courants importants dans l’historiographie canadienne: l’École de Montréal, pour qui la Conquête de 1760 avait eu des conséquences néfastes pour le développement du Québec et l’École de Québec, basée à l’Université Laval, qui attribuait plutôt le retard économique des Canadiens français à l’influence prépondérante d’un clergé tout-puissant.

La proposition de l’abbé Maheux est abondamment critiquée dès sa parution et ses compétences, en matière d’histoire nationale, sont remises en question. On lui reproche alors d’éluder les détails de l’histoire canadienne et de présenter des comparaisons anachroniques. La polémique avec le chanoine Groulx le discrédite comme historien. Il continue à écrire des articles importants, sur l’enseignement des sciences entre autres, mais ses travaux comme historien seront totalement ignorés. L’abbé Arthur Maheux, à l’inverse du chanoine Groulx, mort aussi en 1967, est devenu un historien oublié.

Domaine public

Toute l’œuvre d’Arthur Maheux tombera dans le domaine public canadien dès le 1er janvier 2018. Voici une liste non exhaustive d’ouvrages publiés:

  • Ton histoire est une épopée – Nos débuts sous le régime anglais, 1941.
  • Propos sur l’éducation, 1941.
  • Le Canada parle à la France, 1942.
  • French Canada and Britain: a new interpretation, 1942.
  • Canada Victorious, Happy and Glorious, 1943.
  • Pourquoi sommes-nous divisés?, 1943.
  • Canadian Unity: what keep us apart?, 1944.
  • L’Université Laval et la culture française au Canada, 1952.
  • Bibliographie analytique de l’oeuvre de Monseigneur Arthur Maheux de la Société royale du Canada, archiviste au Séminaire de Québec [microforme]; précédée d’une biographie. Montréal: Bibliothèque nationale du Québec, 1978.

Références

Illustration: Auteur inconnu, via Bilan du siècle (Université de Sherbrooke)