Justine Lacoste-Beaubien

Notule colligée par

Discipline: philanthropie

Justine Lacoste-Beaubien (décembre 1902)Plusieurs d’entre vous connaissent l’Hôpital Sainte-Justine, le plus grand centre mère-enfant du Canada, et un des quatre plus grands hôpitaux pédiatriques en Amérique, mais probablement ignorez-vous certains détails de sa fondation. À travers l’histoire de Justine Beaubien, née Lacoste, en voici quelques bribes.

Justine est née le 1er octobre 1877 à Montréal d’une famille bourgeoise. Le 25 octobre 1899[1], elle se marie avec Louis de Gaspé Beaubien, un financier prospère.

De 1907 jusqu’à mai 1966, soit quelques mois avant sa mort, Justine se dévouera corps et âme pour l’hôpital Saint-Justine, c’est pourquoi, parler de Justine, c’est comme parler de l’hôpital.

L’Hôpital Sainte-Justine

En 1907, Justine rencontre Irma Levasseur[2], la première femme médecin francophone au Québec, où le Collège des médecins avait été fondé en 1847. Elle a dû faire ses études aux États-Unis. Bien qu’elle les eût terminées en 1900, elle doit, pour devenir enfin médecin, être exceptionnellement acceptée par l’entremise d’un projet de loi privé promulgué en 1903.

Après avoir été présentées par Mme Alfred Thibaudeau, Justine et Irma fondent, la même année, le premier hôpital pour enfants du Québec. Elles formeront son premier conseil d’administration en compagnie de madame Lucie Bruneau, née Lamoureux, mademoiselle Euphrosine Rolland et madame Blanche Berthiaume, née Bourgoin[3].

Un autre projet de loi privé permettra aux femmes mariées du conseil d’administration de signer les documents administratifs et les chèques de l’hôpital en toute indépendance de leurs maris. C’était une chose exceptionnelle en ces temps-là, pour des femmes mariées.

C’est dans un édifice résidentiel de la rue Saint-Denis, le 26 novembre 1907, que sera situé le premier hôpital. Il déménagera par la suite à trois reprises avant d’être érigé sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, où il se trouve toujours aujourd’hui.

On ne trouve plus de traces d’Irma à l’hôpital Sainte-Justine après février 1908, mais en revanche, on sait qu’en 1915, Irma partira pratiquer quelques années la médecine de guerre en Serbie.

Justine n’ayant pas eu d’enfants elle-même, toute la richesse de son mari (décédé le 14 novembre 1939) et la sienne y passeront — et même son héritage. Elle n’hésitera pas d’ailleurs à vendre certains de ses biens personnels tout au long de sa vie pour le bénéfice de l’hôpital.

Des pionnières

Bref, l’histoire de Justine est aussi celle de femmes audacieuses et acharnées qui ont ouvert la voie à leurs consœurs dans une période de l’histoire du Québec, au faîte de la domination sociale de l’Église catholique, où les femmes mariées étaient souvent confinées au foyer.

Ces femmes — des féministes avant l’heure — ont su avoir la force de croire en leurs rêves et de les réaliser, ensembles. À maints égards, ce sont des modèles pour les filles et les femmes d’aujourd’hui, un exemple de détermination, de force et de courage.

Domaine public

L’œuvre majeure de Justine Lacoste-Beaubien qu’est l’Hôpital Sainte-Justine constitue en soi un précieux bien commun, et ce depuis plusieurs générations. La correspondance, les écrits et les allocations de Justine Lacoste-Beaubien, quant à eux, tomberont dans le domaine public canadien le 1er janvier 2018. On les trouvera pour la plupart dans le Fond Famille Justine Lacoste-Beaubien conservé par BAnQ[4], qui contient de nombreux documents historiques relatifs à l’Hôpital Sainte-Justine et à sa co-fondatrice.

Références

Illustration: Justine Lacoste-Beaubien à 25 ans, soit trois années après son mariage et 4 ans avant la fondation de l’Hôpital Sainte-Justine. Auteur: inconnu [Domaine public]. Source: Bilan du Siècle.

Notes et liens complémentaires

  1. ⬆️ Acte de mariage de Louis de Gaspé Beaubien et Justine Lacoste (registre de l’État civil). BAnQ.
  2. ⬆️ Irma Levasseur était la première femme médecin canadienne-française (Wikipedia)
  3. ⬆️ Voir Notre histoire: Justine Lacoste-Beaubien (CHU Sainte-Justine)
  4. ⬆️ Centre d’archives BAnQ Vieux Montréal, 535, avenue Viger Est, Montréal

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