Oskar Fischinger

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Discipline[s]: cinéma, animation, peinture

Optical Poem (1937)Peintre et cinéaste d’animation avant-gardiste, passionné de musique et d’arts graphiques, Oskar Fischinger a exploré tout au long de sa carrière le lien entre son et images. Ses films non-figuratifs montrent tantôt des formes et couleurs épousant le rythme de la musique, tantôt des ondes sonores dessinées à même la pellicule et interprétées comme la piste audio d’un film.

Né le 22 juin 1900 à Gelnhausen (Allemagne), c’est dans les années 20, après avoir étudié la musique, qu’Oskar Fischinger réalise ses premières expérimentations cinématographiques : ainsi dans Wax Experiments (1921 – 1926), il utilise d’imposants blocs de cire colorée et photographie image par image leur découpe en fines tranches. Collaborant avec Fritz Lang pour la réalisation des effets spéciaux du film La femme sur la lune, en 1929, il se consacre ensuite à la réalisation de Studies, une série de dix-sept animations au fusain qui lient avec virtuosité image et musique populaire et classique, et dont certains droits seront rachetés par Universal Pictures.

En 1932, il se lance dans la création de véritables « peintures sonores », en photographiant directement des ondes sonores dessinées ou peintes préalablement sur la piste optique des pellicules films. Il appellera cette technique « Licht Musik » (La musique de la lumière). Son court-métrage expérimental Ornements sonores (1932), commence ainsi: « Vous entendez ce que vous voyez, vous voyez ce que vous entendez ». L’image fait apparaître en effet le dessin de l’onde sonore qui est entendue en parallèle.

« La moindre nuance est à la portée du peintre musical, qui se concentre exclusivement sur le fondement primaire de la musique, c’est à dire l’onde- la vibration ou l’oscillation elle-même et en elle-même. A travers ce processus surgissent de nouvelles perceptions jusqu’alors ignorées ou négligées. Des possibilités qui sont décisives pour tout créateur musical authentique et profondément impliqué ; par exemple, des nuances précises où les timbres caractéristiques de certaines voix ou de certains instruments peuvent être fidèlement reproduits à travers ces dessins, ces motifs sonores. Ou encore la possibilité de profiler, en les synchronisant, les ondes sonores de manière exactes, courbe après courbe de manière à ce que leurs centre coïncident parfaitement ».
Oskar Fischinger, Deutsche Allgemeine Zeitung, 8 juillet 1932, traduit en français par le CRDP/Académie de Créteil [Pdf].

Avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Fischinger voit toutefois ses films classés au titre d’œuvres dégénérées et se tourne alors vers la publicité pour réaliser notamment en 1934 le film Murrati Gets in the Act, véritable chorégraphie de cigarettes de la marque Muratti, qui s’animent et se mettent à danser. Il aura tout juste le temps de terminer en 1935 son film abstrait Komposition in Blau, bien reçu par la critique, avant de quitter l’Allemagne pour les États-Unis en février 1936.

Oskar FischingerÀ Hollywood cependant, les projets qu’il prévoyait de mener avec Ernst Lubitsch au sein de la Paramount ne peuvent finalement se concrétiser. Sans le sou dans un pays dont il ne parle quasiment pas la langue, il travaille alors brièvement à la MGM et y réalise Optical Poem (1937), assisté de John Cage, puis contribue à une séquence de Fantasia pour le compte de Disney. Sa rencontre avec Hilla de Rebay, peintre et fondatrice du musée Guggenheim, lui permettra d’obtenir un soutien financier pour réaliser certains des films les plus populaires de l’époque : Allegretto (1940), ou encore Motion Painting n°1 (1947), qui sera primé au Festival International du Film Expérimental de Bruxelles.

Durant les vingt dernières années de sa vie, Oskar Fischinger se remit à la peinture et ne réalisa plus de films à l’exception de quelques expérimentations. Il est décédé le 31 janvier 1967 à Los Angeles.

RÉFÉRENCES :

  • Wikipédia (fr)
  • Artwork by Oskar Fischinger, Guggenheim.org
  • Esther Leslie, Where abstraction and comics collide, Tate Etc. issue 7: Summer 2006, Tate.org.uk
  • Oskar Fischinger, Sonore-Visuel
  • André Martin, Pourquoi il faut voir, revoir et revoir encore les films de Oskar Fischinger, Festival international du cinéma d’animation, Ottawa, 1976.
  • Philippe Langlois et Leonardo/Olats, Oskar Fischinger, février 2001, olats.org

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