Frank O'Hara, 1965, photo par Mario Schifano

Frank O’Hara

Frank O’Hara [par Pascale Félizat-Chartier]

Discipline : Littérature.

Francis Russell « Frank » O’Hara , né le 27 mars 1926 à Baltimore et mort d’un accident de voiture sur la plage de Long Island le 25 juillet 1966, est un poète et critique d’art américain.

Élevé dans le Massachusetts, il étudie le piano à Boston de 1941 à 1944 puis sert dans le Sud Pacifique et au Japon pendant la seconde guerre mondiale comme préposé au sonar du destroyer USS Nicholas. À la fin de la guerre, il utilise sa bourse de vétéran pour étudier à Harvard, avec pour compagnon de chambrée, l’illustrateur Edward Gorey. Influencé par l’art visuel et la musique contemporaine, ses poètes favoris sont Pierre Reverdy, Arthur RimbaudStéphane MallarméBoris Pasternak, et Vladimir Mayakovsky. En 1951, fraîchement diplômé en littérature anglaise de l’université du Michigan, il s’installe à New York où il commence par enseigner à la New School.

Extrêmement sociable, passionné et chaleureux, il aura tout au long de sa courte vie (il meurt à 40 ans) des centaines d’amis et d’amants dans une New York, capitale artistique du monde où se côtoient, dans l’effervescence, artistes, poètes, compositeurs, cinéastes, danseurs… Il est rapidement employé au Museum of Modern Art de New York où il travaille durant 15 ans. Il y vend tout d’abord des cartes postales, puis facilite les liens entre le monde des affaires qui gravite autour du MOMA et le groupe très diversifié de poètes et d’artistes dont il est le centre lors de longues soirées bien arrosées, souvent suivies de visites à des galeries. Il organise des expositions de peinture et sculpture (19 expositions organisées ou co-organisées dont, entre 1958 et 1959, « The New American Painting, » une exposition qui contribue à initier le public européen à l’expressionnisme abstrait). Il participe aussi à la rédaction de catalogues tout en composant des poèmes pendant son temps de lunch. Il est considéré comme une figure marquante de la New York School, un groupe informel d’artistes, écrivains et musiciens qui s’inspirent de jazz, du surréalisme, de l’expressionnisme abstrait et de l’« action painting »  ainsi que d’autres mouvements de l’avant-garde artistique contemporaine. Willem de KooningNorman BluhmLarry Rivers et Joan Mitchell, entre autres, font partie de ses amis.

À la fin du deuxième épisode (saison II) de la série télévisée Madmen, le héros Don Draper ouvre le premier livre du poète, Méditations dans l’urgence, qui lui a été recommandé par un voisin de table et lit :

J’attends maintenant calmement que
la catastrophe de ma personnalité
semble belle à nouveau,
et intéressante, et moderne.

Le pays est gris et
brun et blanc en arbres,
neiges et cieux de rire
toujours diminuant, moins drôles
pas seulement plus sombres, pas seulement gris.

C’est peut-être le jour le plus froid de
l’année, que pense-t-il
de ça? Je veux dire que pensé-je ? Et si je pense,
je suis peut-être moi-même à nouveau.

Méditations dans l’urgence, Traduction Olivier Brossard et Ron Padgett, 2011.

« Méditations in an emergency » paraît en 1957. Les deux titres précédents, A City Winter and Other Poems (1951) et Oranges, 12 Pastorals (1953), étaient des publications relativement confidentielles de la Tibor de Nagy Gallery, rapidement épuisées.

Il faudra ensuite attendre 1964 pour qu’une autre maison d’édition, City Lights de San Francisco, publie un nouveau livre : Lunch Poems. Poèmes déjeuner fait date dans l’histoire littéraire américaine. Un nouveau langage poétique y naît, énergique et réfléchi, drôle et mélancolique, léger et grave, qui adapte des images et des formes surréalistes et dadaïstes à la langue américaine de tous les jours.

Du vivant de l’auteur, seul ces deux livres sont publiés dans des tirages conséquents, ses autres titres étant des tirages d’art, des publications de galerie ou de petites structures éditoriales. Les autres poèmes seront publiés de façon posthume dans l’épais volume Poèmes complets.

Les « Collected Poems of Frank O’Hara » publiés par Donald Allen (Knopf, 1971), première de plusieurs éditions posthumes de l’auteur, reçoit en 1972 le National Book Award for Poetry.

L’ensemble de l’œuvre de Frank O’Hara largement publiée en ligne fait maintenant partie du domaine public.

Sources

Wikipédia

En français

En anglais

Crédit photographique

Photographie recadrée du poète Frank O’Hara, par Mario Schifano, 1965. Voir la version originale.

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