Geneviève Massignon

Geneviève Massignon [par Daniel Valois]

Discipline : Linguistique

Geneviève Massignon est une lexicologue et ethnologue française née à Paris le 27 avril 1921. Elle se démarqua surtout par ses études sur le langage des Acadiens, pour qui elle devint, au fil de sa carrière, un personnage historique.

Fille de Louis Massignon, éminent professeur de sociologie musulmane au Collège de France et filleule de l’écrivain Paul Claudel, Geneviève Massignon grandit dans un milieu intellectuel des plus stimulants (Son grand-père était Fernand Massignon, un sculpteur connu sous le nom d’artiste de Pierre Roche, dont plusieurs monuments ornent Paris. C’était aussi un graveur et un peintre, ami des Impressionnistes, pour qui il a gravé des invitations à leurs « Déjeuners Japonais » mensuels).

Licenciée en lettres de la Sorbonne en 1941, elle se consacre ensuite aux études en linguistique (surtout dans le domaine de la lexicologie) et en ethnographie, Elle suit ensuite deux ans de cours de langues chinoise et japonaise à l’École des langues orientales de Paris.

En 1945, elle est chargée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France de monter un Atlas linguistique de l’Ouest de la France entre la Loire et la Gironde. Il s’agit, grosso modo, des régions d’origine des Acadiens. Juste avant, son frère, Yves Massignon, avait amorcé une étudie en géographie humaine dans un territoire à la frontière du Québec, du Nouveau-Brunswick et du Maine. Malheureusement, Yves Massignon quitte ce monde trop jeune et n’achève pas son ouvrage. C’est en mémoire de son frère que Geneviève décide d’aller étudier le parler des Acadiens. Un premier séjour dans les provinces Maritimes aura lieu en 1946-1947. En Acadie, elle répertorie 3 500 mots, en plus de chansons et de contes, qu’elle publiera éventuellement séparément. Elle décida ensuite de traverser – en 1947 – le Canada d’est en ouest avant de se rendre en Louisiane afin d’examiner de plus près la situation de la francophonie nord-américaine.

Elle mena subséquemment des travaux similaires en Bretagne et en Corse, qui menèrent à deux publications savantes. Mais ce sont ses travaux et ses recherches en Acadie qui l’ont le plus marquée. Elle trouva dans les parlers acadiens des traits indéniables de français archaïque qui la fit s’interroger sur les origines exactes de ces parlers sur l’hexagone. En plus de cet enrichissement intellectuel quelle y puise et qui menèrent éventuellement à la rédaction de l’œuvre de sa vie, elle souligne « l’hospitalité et le grand cœur des familles acadiennes ». Elle reviendra d’ailleurs en Acadie en 1961 sur l’invitation du Conseil des Arts du Canada dans le but de documenter et de compléter sa thèse de doctorat.

La thèse qui résultat de ces recherches, soutenue en 1961 et intitulée Les parlers français d’Acadie est l’œuvre maîtresse de Geneviève Massignon. Publiée en deux tomes en 1962, cet ouvrage de 975 pages constitue une mine de renseignements sur l’origine des Acadiens, leur histoire, leur mentalité, leur culture, et leurs coutumes. Mais, il y est surtout question du parler acadien et de leur vocabulaire.

Victor Barbeau, alors président de l’Académie canadienne-française voua une admiration sans borne à cette « Française d’une grande science », qui parcourut à bicyclette toutes les paroisses rurales acadiennes dans sa quête d’information sur le peuple acadien.

Dans un texte intitulé Place de l’Acadie dans l’œuvre de Geneviève Massignon son frère, Daniel Massignon, remarque: « L’une des originalités de ma sœur, Geneviève Massignon, a été d’associer systématiquement, lors de chacune de ses enquêtes sur le terrain, des recherches ethnographiques aux questionnaires linguistiques. Elle voulait connaître le patrimoine populaire de la région étudiée, la « mémoire » qui constitue son originalité, en reliant la culture vivante actuelle à ses origines les plus anciennes encore accessibles. »

Geneviève Massignon reçut la médaille d’or de l’Académie canadienne-française en 1962, une première pour une personne non originaire du Canada.

Elle décède prématurément le 9 juin 1966 et le projet d’une anthologie des contes de la région de Madawaska, qu’elle avait entrepris en 1964, ne verra pas le jour.

Bibliographie

Voir  http://data.bnf.fr/documents-by-rdt/12428155/70/page1

Autres sources

Wikipédia

Illustration : François Charbonnier [CC BY-SA 3.0]

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