Cécile Biéler (Butticaz)

Cécile Biéler (Butticaz) [par Josée Plamondon]

Discipline : Génie, sciences physiques

Cécile Butticaz est née à Genève, le 2 jullet 1884. Jeune fille brillante, issue d’un foyer protestant, elle entre à l’École d’ingénieurs de Lausanne après des études pédagogiques. Elle en sort, en 1907, avec un diplôme en génie électrique et devient la première femme d’Europe à accéder à la profession d’ingénieur. Pour une époque où on se réclamait de la modernité tout en réprouvant l’émancipation des femmes, son parcours professionnel est singulier.

En 1909, elle quitte l’étude où elle travaillait avec son père et fonde un bureau composé uniquement d’ingénieures. Elle obtient, entre temps, un doctorat ès sciences à la suite d’études entreprises sur l’invar, un alliage très utilisé en horlogerie.  Cécile Butticaz devient Cécile Biéler, en 1910, par son mariage avec un inégnieur, Alfred Biéler. Elle quitte l’étude qu’elle a fondée et s’associe à son mari alors que les travaux de percement d’une seconde galerie pour le tunnel du Simplon débutent.  Ce lien ferroviaire qui passe sous les Alpes, entre la Suisse et l’Italie, est électrifié sur toute sa longueur, soit une vingtaine de kilomètres. Durant ces années, toujours très engagée envers sa foi, elle fonde une école protestante à Brigue, ville située à l’entrée du tunnel.

Cécile se retire de la vie professionnelle afin de s’occuper des trois enfants du couple. Après quelques années consacrées à sa famille, elle recommence une nouvelle carrière dans un environnement moins contraignant, en enseignant les mathématiques dans des collèges de Lausanne et Genève. Cette reprise de contact avec une discipline qu’elle aime lui donne envie de retourner aux études. En 1929, elle obtient un second doctorat, en sciences physiques, cette fois.

Cécile Biéler est une femme active et énergique dont l’engagement pour l’avancement des femmes se conjugue sans problème avec la pratique de ses loisirs, peinture, musique et poésie, et les responsabilités quotidiennes d’une mère de famille. Membre de l’Union des femmes et de l’Association genevoise et vaudoise des femmes universitaires, elle confonde le club Soroptimist de Lausanne en 1949. Passionnée d’écriture, elle publie des récits éducatifs  dans le supplément de la Gazette de Lausanne qui est destiné à la jeunesse. Elle intervient régulièrement, par des lettres d’opinion sur des sujet aussi divers que la régulation des loyers et la lassitude qui frappe les mères débordées.

Cécile Butticaz Biéler s’éteint à Genève, le 1er juin 1966. Selon ses vœux, sa mémoire est honorée par des dons à l’Oeuvre en faveur des protestants disséminés.

Domaine public

Recherches sur l’influence de l’écrouissage et du recuit sur quelques propriétés mécaniques et magnétiques de minces fils d’invar en fonction de la température. Thèse, Sciences physiques, Université de Genève, 1929

Google Books

Publications

Étude sur la conductibilité thermique de quelques matériaux de construction, Bulletin technique de la Suisse romande, Lausanne, 1917

Hiver, Printemps, Été, Automne (quatre ouvrages), Lausanne, Payot, 1922

Mes chers animaux, Eugen Osswald, 1925

Foyer moderne, Éditions La Concorde, Lausanne, 1935

Récits publiés dans le Journal pour la jeunesse (supplément à la Gazette de Lausanne) et article d’opinion de 1915 à 1952, archives numérisées du journal Le Tempswww.letempsarchives.ch/recherche?q= »Cécile+Biéler »

Wikipédia

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