Albert Schweitzer

Notule colligée par

par Gaëlle Bergougnoux

Discipline : écrivain, musicien, philosophe, médecin, théologien

Albert Schweitzer a commencé sa vie allemand, et l’a terminé français. Né en Alsace en 1875, il sera tout au long de son existence partagé et imprégné de cette double culture, écrivant aussi bien en allemand qu’en français. Cela amènera aussi des situations absurdes lorsqu’en temps de guerre (Première Guerre Mondiale), lui et sa femme, Hélène Bresslau, seront arrêtés comme prisonniers de guerre allemands sur le territoire d’une colonie française et envoyés en France dans un camps de prisonniers puis échangés comme tels avec l’Allemagne…

Albert Schweitzer est à la croisée de trois pays, la France, l’Allemagne et le Gabon, et il l’est également à celle des quatre grandes disciplines qui ont guidé et accompagné sa vie : la musique, la religion, la philosophie et la médecine.

Fils et petit-fils de pasteur, Albert Schweitzer entreprend des études de théologie et de philosophie, obtenant son doctorat avec une thèse sur la pensée religieuse de Kant en 1899, période à laquelle il commence également à prêcher. En parallèle de cette carrière de vicaire et d’enseignant, Albert Schweitzer est un musicien professionnel qui a, dès l’enfance, appris à jouer du piano et de l’orgue. Il donnera plusieurs centaines de concerts dans sa vie, notamment pour financer ses missions en Afrique. C’est également un musicologue, passionné par Bach, à qui il consacrera un ouvrage, Jean-Sébastien Bach, le musicien-poète (qu’on peut lire ici).

Malgré cette vie déjà bien remplie, Albert Schweitzer lui cherche toujours un sens et c’est en 1904 qu’il prend la décision de partir pour l’Afrique avec le désir profond d’aider. C’est dans ce but qu’il entame un énième cursus universitaire, en médecine.

C’est en 1913 qu’il fait le premier de ses quatorze voyages et séjours au Gabon, où il passera finalement la plus grande partie de sa vie. Il installe à Lambaréné un hôpital. Ce sera une de ses grandes œuvres, à laquelle il consacrera sa vie et son argent. Le prix Nobel de la paix qu’il obtient en 1952 (une des très nombreuses distinctions internationales qu’il recevra au cours de sa vie) lui permettra notamment de construire une léproserie.

Admiré et reconnu dans monde entier, Albert Schweitzer aura aussi ses détracteurs pour avoir ouvertement pris position contre l’arme nucléaire. Sa nationalité changeante, entre deux pays historiquement ennemis, ne sera pas non plus facile à porter. Décédé en 1965, Albert Schweitzer est enterré à Lambaréné, au Gabon, son troisième pays.

Albert Schweitzer est un homme universel et, avec la notion de “respect de la vie”, c’est une véritable posture philosophique et éthique qu’il nous propose : « Je suis une vie qui veut vivre, au milieu d’autres vies qui veulent vivre. » (La civilisation et l’éthique, 1976).

Pour aller plus loin :

Article dans Wikipédia 

Discours de réception du Prix Nobel de la paix (en anglais)

Association internationale Schweitzer Lambaréné

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